Des ministres de portefeuille appelés à se concentrer sur leurs missions techniques
Selon Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, le maintien des Ministres-Conseillers s’inscrit dans l’organisation de l’action gouvernementale mise en place sous la présidence de Patrice TALON et poursuivie par son successeur. Il a rappelé que le Bénin reste engagé dans un processus de construction et de développement qui nécessite des interventions dans des secteurs essentiels, notamment l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation. Dans cette perspective, le gouvernement a privilégié, pour plusieurs portefeuilles ministériels, des profils considérés comme techniquement compétents dans leurs domaines respectifs. Le Porte-parole estime que ces responsables doivent pouvoir se consacrer pleinement à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques, sans être constamment mobilisés par les activités de terrain et les échanges politiques avec les populations. C’est dans cette logique que s’inscrit, selon lui, la fonction des Ministres-Conseillers. Leur présence doit permettre d’assurer une articulation entre les orientations gouvernementales et les préoccupations exprimées par les citoyens.
Une mission de proximité et de remontée des préoccupations
Les Ministres-Conseillers ont notamment pour rôle d’aller à la rencontre des populations, d’expliquer les actions engagées par le gouvernement et de recueillir les difficultés signalées sur le terrain. Les préoccupations ainsi collectées doivent être transmises aux responsables concernés afin de contribuer à l’adaptation des politiques publiques aux réalités locales. Pour Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, cette fonction complète le travail des Ministres chargés de portefeuilles, en ajoutant une dimension politique et relationnelle à l’action administrative et technique. Il considère que cette répartition des tâches permet aux ministres de se concentrer sur leurs responsabilités sectorielles, tandis que les Ministres-Conseillers contribuent à maintenir le contact avec les citoyens. Le Porte-parole a également souligné que le dispositif compte douze membres et non un représentant dans chacune des 77 communes du pays. Il s’est appuyé sur ce nombre limité pour défendre le choix de conserver cette structure au sein de la présidence. « Ils sont 12. Ils ne sont pas 77. On n’en a pas pris un par commune. Ils sont douze », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que leur reconduction par le chef de l’État témoigne, à ses yeux, de leur utilité.
Le financement des projets des jeunes au cœur du débat
L’argument financier figure parmi les critiques adressées au maintien des postes de ministres-conseillers. Certains citoyens estiment que les dépenses liées à ces fonctions pourraient être redirigées vers des programmes d’accompagnement de la jeunesse, notamment en faveur des jeunes entrepreneurs. Sur ce point, Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI a contesté l’idée que le coût de ces douze postes constitue un obstacle au financement des initiatives portées par les jeunes. Il a invité les promoteurs de projets à se rapprocher des structures publiques d’accompagnement, en citant notamment l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME) et le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) pour les initiatives relevant du secteur agricole. Le Porte-parole a ainsi renvoyé les jeunes vers les mécanismes institutionnels existants, tout en maintenant sa défense du dispositif des ministres-conseillers.
Un choix que le gouvernement présente comme nécessaire
Pour justifier la poursuite de ce modèle, Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI a insisté sur la nécessité de ne pas considérer que le Bénin a déjà achevé les grands chantiers de son développement. Il a estimé que les besoins persistants du pays imposent une disponibilité accrue des techniciens placés à la tête des ministères. Cette justification constitue la position défendue par le Porte-parole du gouvernement. Elle répond aux critiques sur l’utilité et le coût des ministres-conseillers, mais ne fournit pas, à elle seule, une évaluation chiffrée de leur contribution aux politiques publiques ni du coût global du dispositif.
Le débat sur leur maintien reste ainsi lié à deux questions : la place de ces responsables dans le fonctionnement de l’État et l’appréciation de leur utilité au regard des ressources publiques mobilisées.
Grant-Aniel BOLARIAN