Dans ses projections économiques publiées en avril 2026, le FMI anticipe une progression du produit intérieur brut (PIB) réel béninois de 7 % en 2026, après une croissance estimée à 7,5 % en 2025. Le rythme devrait ensuite s’établir à 6,7 % en 2027 et à 6,6 % en 2028. Ces prévisions traduisent le maintien d’une activité économique dynamique, même si une légère décélération est attendue au cours des années suivantes.
L’industrialisation parmi les moteurs de la croissance
Cette trajectoire s’inscrit dans une stratégie de transformation économique qui accorde une place importante à l’industrialisation et à la valorisation locale des productions. La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) constitue l’un des projets emblématiques de cette orientation, notamment à travers le développement d’activités de transformation de matières premières destinées aux marchés national et international. Le secteur du coton occupe également une place majeure dans l’économie béninoise. Le développement de capacités de transformation locale vise à accroître la valeur ajoutée générée par cette filière, à soutenir la création d’emplois et à renforcer les recettes tirées des activités industrielles. L’évolution de la croissance dépendra néanmoins de la capacité à maintenir les investissements, à améliorer la productivité et à consolider les acquis des réformes engagées. À l’échelle continentale, les perspectives restent contrastées selon les pays. Les taux de croissance élevés observés ou attendus dans certaines économies doivent être appréciés à la lumière de leurs structures productives, de leurs niveaux d’investissement et de leur exposition aux chocs extérieurs. Un taux de croissance important ne signifie pas nécessairement que ses effets se traduisent de manière uniforme sur les revenus et les conditions de vie des populations.
Les chocs énergétiques et alimentaires sous surveillance
Les perspectives de croissance africaine demeurent exposées à plusieurs risques. Dans son rapport économique d’avril 2026 consacré à l’Afrique subsaharienne, la Banque mondiale estime que la croissance régionale devrait atteindre 4,1 % en 2026. L’institution souligne cependant que les tensions géopolitiques, la hausse potentielle des prix des carburants, des denrées alimentaires et des engrais, ainsi que le poids du service de la dette publique pourraient peser sur l’activité économique. Les conséquences des conflits au Moyen-Orient représentent notamment une source d’inquiétude pour les économies africaines dépendantes des importations d’hydrocarbures. Une perturbation durable des approvisionnements ou une hausse des cours internationaux pourrait renchérir les coûts de transport et de production, accentuer les pressions inflationnistes et réduire le pouvoir d’achat des ménages. Dans son analyse d’avril 2026, la Banque Mondiale souligne également que l’augmentation des charges liées à la dette limite les marges de manœuvre budgétaires de plusieurs gouvernements. Cette contrainte peut réduire leur capacité à financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements nécessaires à la transformation économique. Pour le Bénin, le maintien d’une croissance soutenue dépendra donc non seulement de la poursuite des investissements et des réformes, mais aussi de la capacité du pays à absorber les chocs internationaux et à préserver ses équilibres macroéconomiques.
Les projections du FMI confirment ainsi des perspectives de croissance favorables pour le Bénin à moyen terme. Elles restent toutefois des estimations susceptibles d’être révisées en fonction de l’évolution de la conjoncture internationale, des performances de l’économie nationale et des risques qui pèsent sur les marchés énergétiques et alimentaires.
Léonel ÉBO