La gestion des ressources en eau franchit une nouvelle étape au Bénin. Le pays a officiellement adhéré, le 22 septembre 2026 à New York, à la Convention des Nations unies de 1992 sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux. Cette adhésion figure désormais dans l’état officiel des traités des Nations Unies. Le texte international établit un cadre de coopération entre les États partageant les mêmes ressources hydriques. Pour le Bénin, qui est concerné par plusieurs bassins hydrographiques transfrontaliers, l’enjeu dépasse donc la seule gestion nationale de l’eau. Il s’agit désormais de renforcer les mécanismes permettant de prévenir les effets dommageables d’une utilisation des ressources hydriques sur les pays voisins. La Convention repose notamment sur trois principes : prévenir et réduire les impacts transfrontières, assurer une utilisation raisonnable et équitable des eaux et développer la coopération entre les États riverains.
Une ressource commune à gérer
L’adhésion ne signifie pas qu’un État devient propriétaire d’une portion d’un cours d’eau partagé. Le dispositif international encadre plutôt les conditions dans lesquelles les pays concernés doivent utiliser et protéger une ressource commune. Cette approche implique notamment l’échange régulier de données, la consultation entre États et la mise en place de mécanismes permettant de suivre l’état des eaux. La prévention des risques liés aux ressources hydriques constitue également un volet important du dispositif. Pour le Bénin, cette nouvelle étape pose donc la question de la traduction concrète des engagements internationaux dans la gestion quotidienne des bassins concernés. Les données hydrologiques, la qualité de l’eau, les risques de pollution ou encore les situations susceptibles d’avoir des conséquences au-delà des frontières nécessitent une coordination entre les différents pays riverains.
Des mécanismes communs à consolider
La coopération constitue l’un des principaux piliers de la Convention. Les États concernés sont notamment appelés à conclure des accords ou des arrangements adaptés aux bassins qu’ils partagent et, lorsque cela est nécessaire, à mettre en place des organes communs. Ces structures peuvent avoir pour fonction de faciliter l’échange d’informations, d'organiser les consultations, de suivre l’état des ressources en eau et de contribuer à la prévention des situations à risque. Des systèmes d’alerte peuvent également être développés lorsque les circonstances l’exigent. L’adhésion du Bénin ne remplace toutefois pas les accords déjà conclus avec les pays voisins. Elle ne règle pas non plus automatiquement les éventuelles difficultés liées à l’utilisation ou à la gestion des eaux partagées. La Convention fournit avant tout un cadre international destiné à favoriser une gestion concertée.
L’enjeu désormais : passer du cadre aux pratiques
La portée réelle de cette adhésion dépendra donc de la capacité du Bénin et de ses voisins à renforcer les mécanismes de coopération autour des bassins concernés. Le partage effectif des données, la régularité des consultations et le fonctionnement des organes communs seront déterminants.
Avec son adhésion à la Convention de 1992, le Bénin inscrit ainsi davantage la gestion de ses eaux transfrontalières dans une logique de coopération internationale. L’enjeu sera désormais de faire de ce cadre juridique un instrument opérationnel de prévention des risques et de gestion durable d’une ressource qui ne s’arrête pas aux frontières.
Cadnel ADEBAYO