C’est un soulagement immense qui se profile pour les parents en quête de solutions pour la régularisation administrative de leur progéniture. Longtemps entravée par l'exigence stricte de pièces d’état civil de base, l'identification des enfants sans acte de naissance franchit un cap décisif. Depuis le 2 novembre et ce jusqu'au 30 novembre 2026, une dérogation exceptionnelle est accordée pour l'enrôlement au Recensement Administratif pour l'Identification de la Population (RAVIP) sous le régime du témoignage. Une disposition taillée sur mesure pour répondre à une réalité sociale complexe, où l’absence d’acte de naissance constitue encore trop souvent un frein rédhibitoire à l'épanouissement civique et scolaire des enfants.
Une fenêtre ouverte de 0 à 13 ans
Fixée du 02 au 30 novembre 2026, cette campagne s'adresse spécifiquement à la tranche d'âge la plus vulnérable face à cette problématique : les enfants de 0 à 13 ans. Pour les parents et tuteurs, c’est le moment idoine pour réparer une situation souvent subie, qu'elle découle de naissances à domicile non déclarées dans les délais légaux, de difficultés financières ou d'un concours de circonstances malheureux. Obtenir le sésame du RAVIP représente bien plus qu'une simple formalité numérique : c’est la clé de voûte pour l'obtention future de la Carte d'Identification Personnelle (CIP) et l'accès garanti aux services sociaux de base.
Des conditions rigoureuses mais accessibles
Si la mesure se veut souple pour intégrer les exclus du système, elle n'en demeure pas moins encadrée par des garde-fous stricts afin de sécuriser le processus d’identification. Les familles désireuses de régulariser la situation de leurs enfants devront impérativement satisfaire aux critères :
- l’enfant doit se présenter dans les centres dédiés en compagnie de deux témoins.
- chaque témoin doit obligatoirement être muni de sa propre Carte d'Identification Personnelle (CIP), garantissant ainsi son identification formelle par l'administration
- une condition d'âge est exigée, matérialisée par un écart d'au moins 10 ans entre les témoins et la personne dont l'âge est certifié.
Un enjeu crucial pour l'avenir scolaire et citoyen
Sur le terrain, cette initiative est saluée à juste titre par les acteurs sociaux et éducatifs. Dans un pays où la possession de pièces d'identité pèse lourdement sur la scolarité notamment lors des inscriptions aux examens nationaux offrir une porte de sortie administrative aux enfants non enregistrés s'apparente à un acte de justice sociale.
Alors que le chronomètre tourne pour cette période d'un mois, les appels se multiplient déjà pour exhorter les parents à ne pas attendre les derniers jours. Les centres de collecte et d'enrôlement s'attendent à une affluence remarquable. Plus qu’une simple opération technique, c’est le droit à l’existence légale et à la citoyenneté qui est ainsi restitué à des milliers d'enfants.
Ibourahim Abdou DJIBRIL