La visite a permis au chef de l’État béninois de découvrir plusieurs activités développées au sein de l’institut, notamment dans les domaines de l’élevage, de la production laitière, de la transformation des produits agricoles et de la conservation des sols. Une partie importante de la séquence a été consacrée à l’élevage bovin. Les équipes de la RICA ont présenté au président Wadagni des vaches destinées à la production de lait et expliqué les méthodes utilisées pour améliorer leur rendement. L’alimentation, les conditions d’élevage, le suivi sanitaire et le contrôle de la production ont notamment été présentés au chef de l’État. L’objectif consiste à mieux maîtriser les différents paramètres qui influencent la productivité du cheptel et, par conséquent, la quantité de lait produite. Romuald WADAGNI a également été exposé aux techniques de suivi de la production laitière. L’approche présentée à la RICA repose sur une gestion plus précise de l’élevage, avec l’utilisation des connaissances et des outils disponibles pour améliorer les performances des exploitations.
La visite ne s’est pas limitée à la production. Le Président béninois a également découvert les activités liées à l’élevage des bovins destinés à la viande et aux différentes étapes permettant d’en accroître la valeur. Les responsables de l’institut ont notamment présenté les mécanismes de valorisation de la production bovine, illustrant une approche qui cherche à dépasser la simple production de matières premières. L’enjeu est également de mieux transformer les produits issus de l’élevage afin d’en accroître la valeur économique. Cette démarche rejoint l’un des principes mis en avant par la RICA : associer les connaissances agricoles à des pratiques directement applicables sur le terrain et orientées vers des systèmes de production économiquement viables.
Autre volet présenté à Romuald WADAGNI : la conservation des ressources naturelles, notamment des sols et de l’eau. La RICA développe une approche de l’agriculture fondée sur la conservation des sols, la réduction de l’érosion et une meilleure gestion des ressources. L’institut entend ainsi concilier amélioration de la productivité et préservation des bases naturelles de la production agricole. Cette approche vise notamment à permettre aux exploitations de rester productives tout en limitant la dégradation des ressources. Grâce à ses programmes, la RICA associe par ailleurs enseignement supérieur, recherche et pratique agricole. L’établissement met l’accent sur la formation pratique des jeunes dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la transformation alimentaire et de la gestion des ressources naturelles.
Cette immersion dans le secteur agricole intervient dans le cadre plus large de la visite officielle de Romuald WADAGNI au Rwanda. Le déplacement des 16 et 17 septembre constitue la première visite officielle du chef de l’État béninois à Kigali depuis son investiture. Les questions agricoles figurent parmi les domaines identifiés dans le rapprochement entre les deux pays, aux côtés notamment du numérique, de l’investissement, de l’éducation et de la sécurité. Les deux présidents ont, à l’issue de leurs échanges, chargé leurs délégations respectives de poursuivre le renforcement de la coopération existante et de faire progresser de nouveaux domaines de collaboration. La séquence à la RICA apporte ainsi une dimension concrète à ce rapprochement. Elle permet au président béninois d’observer sur le terrain un dispositif qui associe formation agricole, innovation, élevage, transformation et conservation des ressources.
Aucune décision spécifique de transposition des pratiques de la RICA au Bénin n’a toutefois été annoncée à l’issue de la visite. La séquence s’inscrit, à ce stade, dans la découverte et l’échange autour d’expériences rwandaises en matière d’agriculture durable et de formation pratique. Au-delà du protocole de la visite, l’étape de la RICA aura donc permis de placer l’agriculture parmi les secteurs concrets du dialogue entre Cotonou et Kigali, dans un contexte où les deux pays affichent leur volonté d’élargir leur coopération à de nouveaux domaines.
Léonel ÉBO