PRIX DES DENRÉES AU BÉNIN : le maïs et la tomate baissent, le riz résiste

PRIX DES DENRÉES AU BÉNIN :

le maïs et la tomate baissent, le riz résiste

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Après plusieurs mois d’évolution contrastée, les marchés agricoles béninois ont affiché une tendance globalement baissière en août 2026. Le dernier Bulletin du Système d’Information sur les Marchés Agricoles (Sim-Agricole), élaboré par la Cellule Technique de Suivi et d’Appui à la Gestion de la Sécurité Alimentaire (CT-SAGSA) du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, fait ressortir une baisse des prix de plusieurs denrées essentielles. Maïs, riz et tomate ont notamment bénéficié de cette détente, sur fond d’offre relativement abondante pour certains produits.

Le maïs constitue l’un des principaux marqueurs de cette évolution. Après une interruption de la tendance baissière observée en juillet, les prix ont repris leur recul en août. Le kilogramme s’est négocié en moyenne à 138 F Cfa, soit une baisse de 7 % sur un mois. Sur une année, le recul atteint 25 %, tandis que le prix moyen d’août se situe 38 % sous la moyenne des cinq dernières années. Le Sim-Agricole explique notamment cette évolution par l’importance des stocks disponibles et une offre relativement abondante, combinées à une demande extérieure jugée faible. Le maintien de la redevance à l’exportation à 100 F Cfa le kilogramme contribue également à limiter les ventes vers les pays voisins. La baisse varie toutefois selon les catégories de marchés. Les marchés de producteurs et de regroupement enregistrent chacun un recul de 8 %, contre seulement 1 % sur les marchés de consommation. Sur les marchés frontaliers, la tendance s’inverse avec une progression de 4 %. À 138 F Cfa le kilogramme, le maïs demeure par ailleurs moins cher au Bénin que dans les pays voisins suivis par le bulletin, où le prix moyen atteint 180 F Cfa au Burkina Faso et 223 F Cfa au Niger.

 

Le riz local évolue dans une direction similaire, mais à un rythme beaucoup plus modéré. Son prix moyen s’est établi à 485 F Cfa le kilogramme, en baisse de 1 % sur un mois. Sur un an, le recul atteint 10 %, tandis qu’il s’établit à 5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le riz importé connaît également une diminution. Il se vend en moyenne à 521 F Cfa le kilogramme, soit une baisse de 2 % sur un mois, 12 % sur un an et 9 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le bulletin associe notamment cette évolution à la levée, depuis 2024, des restrictions indiennes sur les exportations de riz. Le produit importé reste cependant légèrement moins cher au Burkina Faso et au Niger, avec respectivement 517 F Cfa et 518 F Cfa le kilogramme.

 

La détente observée sur plusieurs produits ne concerne toutefois pas l’ensemble des denrées suivies. Le prix moyen de l’igname à piler a progressé de 8 % en août pour atteindre 506 F Cfa le kilogramme. Le Sim-Agricole rapproche cette évolution de l’accroissement de la demande à l’occasion de la fête de l’igname célébrée le 15 août. Le soja et le niébé enregistrent également des hausses. Le prix moyen du soja atteint 382 F Cfa/kg, en progression de 3 % sur un mois, tandis que celui du niébé augmente de 5 % sur les marchés de consommation. La tomate fraîche affiche, pour sa part, l’un des replis les plus importants du mois. Après plusieurs mois de hausse, son prix moyen a chuté de 22 % en août, pour s’établir à 494 F Cfa le kilogramme. La baisse est observée sur l’ensemble des catégories de marchés suivies par le dispositif. Cette évolution contribue ainsi à alléger le prix de l’un des produits régulièrement présents dans les dépenses alimentaires des ménages.

 

Au regard des évolutions observées, le Sim-Agricole recommande la poursuite des efforts visant à accroître la production nationale. Le dispositif préconise également de faciliter l’écoulement des excédents et de renforcer les systèmes d’information consacrés aux marchés et aux flux commerciaux. Les données du mois d’août montrent ainsi une situation contrastée : si plusieurs produits de grande consommation ont vu leurs prix reculer, certaines denrées continuent d’enregistrer des tensions. Une évolution qui rappelle l’importance du suivi régulier des marchés agricoles pour anticiper les mouvements de prix et mieux accompagner l’approvisionnement alimentaire.

 

Tchékpémi Jacques AHOUANSOU

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Brice HAL

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