La Cour d’Appel d’Abomey a officiellement ouvert, le mercredi 7 octobre 2026, l’année judiciaire 2026-2027 des tribunaux de première instance de son ressort. L’audience solennelle, présidée par le premier Président de la Cour, Nourou-Dine BAKARY, s’est déroulée en présence du Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice et de la Législation, Florentin GBODOU, ainsi que de plusieurs autorités politico-administratives, sages, notables et acteurs du monde judiciaire. Placée sous le thème « L’efficacité de la protection des droits humains, gage d’un procès équitable : défis et perspectives », cette rentrée judiciaire a été l’occasion de dresser le bilan de l’activité juridictionnelle de l’année écoulée et d’examiner les exigences liées à l’amélioration du fonctionnement de la justice. Les interventions ont notamment porté sur les garanties nécessaires à un procès équitable, les droits des justiciables et la réduction des difficultés auxquelles les juridictions sont confrontées.
Les droits des victimes au cœur du procès équitable
Dans sa communication, le bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Bénin, Me Zakari BABA BODY, a insisté sur la nécessité d’une conception du procès équitable qui ne se limite pas aux droits des personnes poursuivies. Si les prévenus et les inculpés doivent bénéficier des garanties prévues par la loi, les victimes doivent également pouvoir exercer pleinement leurs droits au cours de la procédure judiciaire.
Il a notamment évoqué leur droit à l’information, à être entendues, à la protection et à la réparation du préjudice subi. La possibilité d’obtenir une décision dans un délai raisonnable figure également parmi les exigences à prendre en compte pour assurer une protection effective des droits humains. Cette approche place les différentes parties au procès au centre de la réflexion sur l’efficacité de la justice. Elle souligne que l’équité ne dépend pas uniquement de la régularité de la procédure, mais aussi de la capacité des institutions judiciaires à garantir les droits reconnus à chacun.
Un taux de traitement de 36,55 % dans les tribunaux de première instance
Présentant le bilan de l’année judiciaire 2025-2026, le procureur général près la Cour d’appel d’Abomey, Ousmane ELÉDJI, a communiqué les statistiques relatives aux dossiers traités par les juridictions du ressort. Dans les tribunaux de première instance, 11 506 dossiers ont été vidés sur un total de 31 479 dossiers en cours, correspondant à un taux de traitement de 36,55 %. Ces chiffres illustrent le volume des affaires que les juridictions ont eu à connaître durant l’exercice écoulé et les défis qui demeurent pour améliorer le rythme de traitement des dossiers. À la Cour d’appel d’Abomey, le bilan fait état de 1 054 dossiers vidés sur 1 917, toutes matières confondues. Le taux de traitement s’établit ainsi à 54,98 %. Au regard de ces résultats, le procureur général a réaffirmé l’engagement du personnel judiciaire à améliorer le fonctionnement du service public de la justice. Il a notamment plaidé pour une institution plus accessible, plus équitable et plus efficace, répondant davantage aux attentes des citoyens.
La Chancellerie interpellée sur les difficultés du secteur
Prenant la parole à son tour, le premier président de la Cour d’appel d’Abomey, Nourou-Dine BAKARY, a rappelé que la protection des droits humains devait être assurée à toutes les étapes du procès. Le respect des garanties judiciaires constitue, selon l’orientation défendue lors de cette rentrée, une exigence qui doit accompagner le traitement des affaires depuis l’engagement de la procédure jusqu’à son aboutissement. Le Magistrat a également salué les efforts de la Chancellerie visant à améliorer la qualité du service rendu aux justiciables et à alléger la charge de travail des acteurs judiciaires. Au nom du Ministre de la Justice et de la Législation, le Directeur de Cabinet, Florentin GBODOU, a indiqué avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par l’Ordre National des Avocats du Bénin et par les responsables de la Cour d’appel d’Abomey. Il a assuré que la Chancellerie prenait déjà des dispositions pour apporter des réponses aux difficultés soulevées.
La nouvelle année judiciaire s’ouvre ainsi sur des enjeux étroitement liés : garantir les droits des parties, améliorer le traitement des affaires et renforcer l’accessibilité de la justice. Les statistiques présentées pour l’exercice 2025-2026 constituent un repère pour apprécier les défis auxquels les juridictions du ressort de la Cour d’appel d’Abomey restent confrontées.
Grant-Aniel BOLARIAN