L’annonce a été faite par Calixte Batossie MADJOULBA, Ministre de la Sécurité, qui a confirmé la décision du Président du Conseil visant à faciliter l’accès au territoire togolais pour les citoyens africains. À travers cette mesure, le Togo entend promouvoir la mobilité intra-africaine et renforcer son positionnement en tant que plateforme régionale d’affaires, de commerce et d’échanges. Cette décision rapproche désormais le Togo du modèle déjà adopté par le Bénin, qui exempte depuis 2020 les ressortissants des 53 pays africains de visa pour des séjours allant jusqu’à 90 jours. Toutefois, contrairement au dispositif béninois, l’exemption togolaise autorise un séjour maximal de trente jours sur le territoire national.
Les autorités togolaises précisent cependant que cette suppression de visa ne signifie pas une absence totale de contrôle administratif. Les voyageurs africains devront impérativement effectuer une déclaration préalable de voyage au moins vingt-quatre heures avant leur arrivée. Cette formalité s’effectue via la plateforme gouvernementale : https://voyage.gouv.tg?utm_source=chatgpt.com. À l’issue de cette procédure, un bordereau de voyage sera délivré et devra être présenté aux postes frontaliers terrestres, aériens ou maritimes. Le gouvernement togolais insiste sur le fait que cette exigence demeure distincte de l’exemption de visa elle-même et vise à garantir le respect des impératifs de sécurité et de santé publique.
Le Togo justifie cette réforme par son attachement aux idéaux panafricains ainsi qu’aux engagements communautaires favorisant la libre circulation des personnes sur le continent. Les autorités rappellent néanmoins qu’elles conservent le droit d’appliquer les mesures prévues par la législation nationale en matière de sécurité et de contrôle migratoire, notamment en cas d’entrée irrégulière ou de menace à l’ordre public. Avec cette décision, le Togo rejoint une dynamique continentale de plus en plus affirmée. Plusieurs pays africains, parmi lesquels le Rwanda et la Gambie, ont déjà adopté des politiques similaires visant à réduire les barrières à la circulation des citoyens africains.
Cette évolution témoigne d’une volonté croissante des États africains de renforcer l’intégration régionale, stimuler les échanges économiques et favoriser la construction d’un espace africain davantage ouvert et connecté.
Cadnel ADEBAYO