Cette rencontre de travail s’inscrit dans un contexte où le Bénin intensifie ses efforts pour accroître la valeur ajoutée de ses productions agricoles à travers leur transformation sur le territoire national. Au cœur des échanges figuraient les difficultés rencontrées par les acteurs de la filière pour garantir un approvisionnement régulier des usines locales, pourtant appelées à jouer un rôle déterminant dans la création d’emplois et l’industrialisation du pays. Face au Ministre, les responsables de l’IFA-Bénin ont présenté le bilan des campagnes de commercialisation 2024-2025 et 2025-2026. Ils ont notamment évoqué plusieurs contraintes qui continuent de peser sur le développement harmonieux de la filière. Parmi celles-ci figurent l’instabilité des prix d’achat, les circuits informels de commercialisation qui favorisent l’exportation non contrôlée des noix vers les pays voisins, ainsi que les difficultés d’approvisionnement auxquelles sont confrontées les unités béninoises de transformation.
Pour remédier à ces obstacles, l’Interprofession a formulé plusieurs propositions visant à renforcer l’organisation de la filière. Il s’agit notamment de la consolidation du répertoire national des producteurs, de l’actualisation de la cartographie des unités industrielles, du renforcement des mécanismes de sécurisation de la matière première destinée aux transformateurs locaux, ainsi que de l’amélioration de la collaboration entre les différents maillons de la chaîne de commercialisation. Les discussions ont également permis d’ouvrir une réflexion approfondie sur la mise en place de mécanismes innovants de financement capables de faciliter l’accès des coopératives aux ressources nécessaires aux campagnes agricoles. Une telle orientation devrait contribuer à améliorer la collecte des productions nationales tout en garantissant un approvisionnement plus stable et plus compétitif des usines implantées au Bénin. Au-delà des préoccupations immédiates, cette séance de concertation traduit la volonté commune du Gouvernement et des professionnels de la filière de construire un modèle économique davantage tourné vers la transformation locale. Les participants ont ainsi souligné l’importance de poursuivre le dialogue avec l’ensemble des acteurs afin d’aboutir à des solutions consensuelles susceptibles de renforcer l’organisation du marché, de préserver les intérêts des producteurs et d’accélérer la montée en puissance de l’industrie nationale de l’anacarde.
À travers cette démarche, les autorités béninoises réaffirment leur ambition de faire de l’anacarde un véritable levier de création de richesse, d’emplois et de croissance durable, tout en consolidant la place du Bénin parmi les grandes nations africaines de transformation agricole.
Cadnel ADEBAYO