Une petite phrase qui fait grand bruit sur le continent. Vendredi dernier, Faouzi Lekjaa, le patron du football marocain, a tranché : « Le Maroc ne déposera plus de candidature pour accueillir des compétitions africaines. Quelle qu’en soit la nature. »
Une décision brutale. Et surtout, un virage à 180 degrés.
Depuis dix ans, le Maroc était devenu l’hôte de secours de l’Afrique. CAN féminine, compétitions de jeunes, Ligue des champions. Quand la CAF était en panne, Rabat disait oui. Avec ses stades neufs, ses hôtels, son organisation.
Mais il y a un mois, premier couac : à 44 jours du coup d’envoi, le Maroc renonce à la CAN féminine 2026. L’Afrique du Sud doit reprendre le dossier en urgence. L’image du « Royaume fiable » en prend un coup.
Alors, pourquoi ce retrait aujourd’hui ?
Officiellement, aucune explication. Mais trois lectures s’imposent.En premier, le Mondial 2030. Le Maroc co-organise la Coupe du monde avec l’Espagne et le Portugal. L’heure n’est plus à disperser ses forces sur la CAN U17, mais à réussir le chantier du siècle. Secundo : la lassitude. À force de sauver la CAF, le Maroc s’est exposé aux critiques. Dépenses, soupçons, polémiques. Lekjaa semble dire : « À d’autres de prendre le relais. Nous leur souhaitons bonne réussite. » Enfin, le calcul diplomatique. En se retirant, Rabat ouvre le jeu. Il laisse la place à d’autres fédérations, et évite de paraître hégémonique. Un geste d’ouverture, disent certains. Un aveu de faiblesse, rétorquent d’autres.
Depuis ces annonce,sur les réseaux, c’est l’explosion. Entre ceux qui crient « bravo, enfin ! » et ceux qui accusent « fuite en avant », le débat est tranché, passionné. Comme toujours quand il s’agit du Maroc et de l’Afrique.
Une chose est sûre : le football africain perd son organisateur le plus rodé. La CAF va devoir trouver de nouveaux hôtes, fiables et prêts. Et le Maroc, lui, change de costume. Il ne sera plus l’organisateur. Il veut être le champion.
La question désormais : ce retrait stratégique va-t-il libérer le Maroc… ou l’isoler ?
Ibourahim Abdou Gibril