Organisée dans le cadre du Projet d’Appui au Renforcement des Capacités du Parlement et des Organes de Gestion des Élections (PARCPOGE II), avec l’accompagnement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cette session réunit les acteurs de la communication parlementaire autour d’une même exigence : mieux expliquer l’action publique et surtout en révéler les effets. À l’ouverture des travaux, le Coordonnateur du PARCPOGE, Régis Dossou KPANOU, a souhaité la bienvenue aux participants et salué l’engagement des différents partenaires ayant contribué à l’organisation de la rencontre. Il a particulièrement exprimé sa reconnaissance au Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Joseph Fifamin DJOGBÉNOU, pour la confiance accordée dans la conduite du projet et pour l’attention portée au renforcement de la qualité professionnelle de la communication institutionnelle. Il a également salué l’accompagnement du PNUD dans la promotion d’une communication capable de mieux faire ressortir les résultats des actions de développement.
Dans son intervention, le Coordonnateur du PARCPOGE a défendu une conception renouvelée de la communication institutionnelle. Celle-ci ne saurait se limiter à la diffusion de communiqués, de reportages ou d’images d’activités. Il s’agit désormais de répondre à une question essentielle : qu'est-ce que l’action menée a réellement changé ? Cette approche établit ainsi un lien entre les activités réalisées, les résultats obtenus et les changements observables auprès des bénéficiaires. Représentant le Président de l’Assemblée Nationale, le Directeur de Cabinet a également insisté sur la nécessité d’une communication parlementaire fondée sur la transparence, la redevabilité et la valorisation des impacts. Au cœur de la démocratie représentative, l’Assemblée Nationale doit davantage faire connaître les résultats découlant de ses missions de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques. L’enjeu n’est donc plus uniquement de dire qu’une activité a été organisée, qu’une loi a été adoptée ou qu’une mission de contrôle a été effectuée. Il consiste à expliquer ce que ces actions produisent, pour qui, dans quelles conditions et avec quels résultats mesurables. Cette évolution entend rapprocher davantage la communication parlementaire des préoccupations concrètes des citoyens.
Durant trois jours, les participants sont appelés à acquérir des méthodes et outils destinés à faire évoluer leurs pratiques. André DOSSA, Directeur des Services de l’Information et de la Communication (DSICOM) de l’Assemblée Nationale, a lancé le cycle des communications avec une présentation consacrée aux axes et éléments essentiels de la communication institutionnelle appliquée au Parlement. Fulbert ACAPO s’est ensuite intéressé aux techniques d’élaboration des résultats et des objectifs mesurables dans un terme de référence. Une dimension particulièrement importante dans une démarche où la communication doit pouvoir s’appuyer sur des éléments vérifiables. Du côté du PNUD, Elsie ASSOGBA intervient sur la communication transformationnelle et les techniques de storytelling appliquées aux enjeux de gouvernance. L’objectif est notamment d’apprendre à donner davantage de portée aux résultats en racontant les transformations à travers des faits, des données et des expériences humaines.
Prévu pour s’achever ce vendredi 14 août 2026, l’atelier ambitionne ainsi de faire émerger une nouvelle culture de la communication au sein du Parlement béninois. Une communication qui ne se contente plus de présenter ce qui a été fait, mais qui met en évidence ce qui a changé. Une démarche qui suppose davantage de données, de preuves, de témoignages et d’histoires permettant aux citoyens de mesurer la portée réelle de l’action institutionnelle.
En conclusion, le Parlement béninois entend donc franchir un cap : passer d’une communication essentiellement descriptive à une communication démonstrative, capable de rendre visibles les résultats de l’action publique. Une évolution qui, au-delà de la valorisation de l’institution, pose surtout la question de la confiance : plus les citoyens peuvent comprendre et mesurer les résultats de l’action parlementaire, plus la communication devient un véritable instrument de redevabilité démocratique.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU