Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, l’ampleur des dégâts matériels impose désormais une double démarche : établir les responsabilités et mesurer précisément le coût du sinistre. Sur le volet judiciaire, les investigations conduites sous l’autorité du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Porto-Novo se poursuivent. La propriétaire de la cargaison a été retrouvée puis auditionnée par les services de police. Le convoyeur, qui se trouvait aux côtés du chauffeur au moment de l’accident, a également été identifié et devrait être entendu. Son témoignage est particulièrement attendu pour permettre aux enquêteurs de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles le camion a percuté le poteau électrique avant le déclenchement de l’incendie. Le chauffeur demeure, quant à lui, introuvable à ce stade. Son identification et sa localisation constituent donc un autre enjeu important des investigations. Les victimes et personnes affectées par le sinistre ont également été entendues. Ces différents témoignages devraient permettre au parquet de reconstituer progressivement le déroulement des faits et d'établir les responsabilités éventuelles.
Au-delà de la procédure judiciaire, l’heure est désormais à l’évaluation exhaustive des dommages. Le sinistre a notamment fortement endommagé un immeuble de cinq étages, tandis que cinq véhicules et une moto ont été entièrement détruits par les flammes. Le bitume et les caniveaux sur lesquels l’essence s’est répandue ont également subi des dégradations sur environ 800 mètres. Les installations électriques de la SBEE ont été touchées, de même que plusieurs clôtures et plantations situées dans le périmètre affecté. Ces dommages nécessitent désormais une expertise permettant de déterminer avec précision l’ampleur du préjudice et les interventions à envisager.
La Mairie de Porto-Novo prépare à cet effet la mise en place d’un comité ad hoc chargé d’évaluer l’ensemble des dommages matériels occasionnés par l’incendie. Le Directeur Départemental chargé du Cadre de vie de l’Ouémé devrait notamment participer aux travaux. Sa présence doit permettre d'apporter une expertise technique à l'évaluation du bâti et des infrastructures touchées. Cette démarche permettra à la municipalité de disposer d’un état des lieux précis avant d’envisager les mesures de réparation ou de réhabilitation nécessaires. La principale préoccupation concerne actuellement l’immeuble de cinq étages qui a subi de plein fouet les effets de l’incendie. Une inspection technique doit permettre de déterminer si la structure du bâtiment a été fragilisée par les flammes et si elle présente un quelconque risque pour les personnes ou les constructions environnantes. L’édifice, appartenant à un ancien Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), est pour l’heure interdit d’accès. Des chicanes ont été installées autour du bâtiment afin d’empêcher les populations de s’en approcher. La décision concernant son maintien, sa sécurisation ou d’éventuels travaux lourds dépendra des conclusions de l’expertise technique.
Malgré la violence de l’incendie, aucune perte en vie humaine n’a finalement été enregistrée. L’intervention rapide des agents de l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC) de Porto-Novo, renforcés par une équipe venue en appui, a permis de circonscrire les flammes et d’éviter une propagation plus importante dans le quartier. Le camion accidenté est resté plusieurs jours sur les lieux avant d’être dégagé. La circulation, temporairement déviée dans cette partie de la ville, a finalement été rétablie dans la soirée du samedi 8 août. Selon des témoignages recueillis sur place, l’accident serait survenu aux environs de minuit. Le camion aurait violemment percuté un poteau électrique situé devant l’immeuble, avant qu’une explosion des fûts d’essence ne provoque l’embrasement. Les circonstances exactes de l’accident restent toutefois à établir par l’enquête.
Dès les premières heures du sinistre, plusieurs autorités politico-administratives se sont rendues sur les lieux pour constater les dégâts et apporter leur soutien aux victimes. Le Maire de Porto-Novo, Rachadou TOUKOUROU, le Préfet de l’Ouémé, Marie AKPOTROSSOU, le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Aristide DJIDJOHO, ainsi que les députés de la 19ᵉ circonscription électorale ont notamment effectué le déplacement. Désormais, deux échéances sont particulièrement attendues : les conclusions des investigations judiciaires et le rapport de l’évaluation technique des dommages.
Au-delà de la détermination des responsabilités dans cet accident, le drame d’Avakpa remet en lumière les risques liés au transport et au stockage de produits hautement inflammables dans les zones urbaines. Pour les autorités, l’enjeu sera également de tirer les enseignements de cet incendie afin de renforcer la prévention et de réduire le risque qu’un tel scénario se reproduise.
Jean DOSSOU