Placée sous un signe résolument prospectif, cette assemblée intervient à un moment charnière. Alors que s'achève la mandature 2024-2026 menée par le Comité de suivi présidé par Claude Musavyi, les organisations membres procèdent au renouvellement de leurs instances dirigeantes. L'enjeu est de taille : il s'agit d'élire une équipe capable de porter haut la voix des citoyens et des ONG au cours du prochain cycle (2026-2028).
Au-delà des aspects strictement institutionnels, la rencontre de Cotonou revêt une portée géopolitique indéniable. Elle constitue le prélude direct au XXe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 15 et 16 novembre prochains à Phnom Penh, au Cambodge. Les travaux menés sur place ont ainsi vocation directe à alimenter les recommandations officielles que la société civile compte soumettre aux chefs d'État et de gouvernement lors de cette grand-messe internationale.
Six grands chantiers pour répondre aux défis contemporains.
Sous le thème fort « Réinvestir dans la paix : mobiliser la société civile francophone pour une prospérité partagée, des territoires résilients et une stabilité durable », les délégués structurent leurs réflexions autour de six axes prioritaires :
- La paix et la démocratie : Repenser les mécanismes de prévention des conflits et de renforcement de l'état de droit dans l'espace francophone.
- La langue française et la création : Valoriser la diversité culturelle et soutenir les industries créatives.
- L'éducation et la jeunesse : Faire de la formation et de l'inclusion des jeunes des leviers majeurs d'émancipation.
-L'économie et le numérique : Saisir les opportunités de la transition digitale et encourager une croissance inclusive.
-La résilience et les solidarités : Apporter des réponses coordonnées face aux crises climatiques, sociales et humanitaires.
- La gouvernance et la capacité d'action : Améliorer l'efficacité et l'impact opérationnel des organisations sur le terrain.
De l'idée à l'action concrète
Pour éviter les écueils des grands colloques théoriques, la méthode adoptée à Cotonou mise sur l'opérationnalité. À travers des « laboratoires d'idées et d'action », les participants confrontent leurs réalités de terrain et leurs expertises sectorielles.
Cette démarche collaborative vise à accoucher d'une feuille de route resserrée, réaliste et dotée d'indicateurs de suivi précis. L'objectif partagé par l'ensemble des délégations est clair : transformer les constats en actions tangibles pour que la société civile ne soit plus seulement observatrice, mais pleinement actrice des transformations de l'espace francophone.
À l'issue de ces deux journées intenses, Cotonou aura ainsi confirmé son rôle de carrefour des idées progressistes, offrant à la Francophonie institutionnelle une boussole renouvelée à l'horizon de Phnom Penh.
Ibourahim Abdou Gibril