L’année judiciaire 2026-2027 est officiellement ouverte à la Cour d’Appel de Parakou. L’audience solennelle organisée à cet effet, le jeudi 8 octobre 2026, a réuni le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation, Yvon DÉTCHÉNOU, le Président de la juridiction, Thomas DASSI, le Secrétaire Général du Ministère, Séïdou Boni KPÉGOUNOU, ainsi que des Magistrats, Avocats, Greffiers, représentants des professions judiciaires, leaders religieux et autres personnalités.
Placée sous le thème « L’activité judiciaire et le respect de la dignité humaine : défis et perspectives », cette rentrée a été l’occasion de dresser le bilan de l’année écoulée et de rappeler les exigences auxquelles les acteurs de la justice sont appelés à répondre au cours du nouvel exercice. Dans son intervention, le Président de la Cour d’Appel de Parakou, Thomas DASSI, a présenté les résultats enregistrés entre octobre 2025 et fin septembre 2026. Au cours de cette période, la juridiction a reçu 708 dossiers, dont plus de 640 ont été traités. Ce bilan traduit une activité soutenue au sein de la Cour, même si des efforts restent nécessaires pour améliorer davantage les performances de la chaîne judiciaire. Reconnaissant les défis qui subsistent, Thomas DASSI a pris l’engagement de poursuivre les efforts afin d’obtenir de meilleurs résultats au titre de l’année judiciaire 2026-2027.
L’indépendance de la justice au cœur des préoccupations
Les représentants des professions judiciaires ont également pris part aux échanges autour du thème retenu. La représentante de la Chambre des Notaires du Bénin, Me Adjokè MAMAH, et le représentant de l’Ordre des Avocats du Bénin, Me Claret BEDIÉ, ont salué la pertinence de cette réflexion sur l’activité judiciaire et la dignité humaine. Dans son intervention, Me Claret BEDIÉ a notamment insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre entre la force et la justice, tout en œuvrant au renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire. S’appuyant sur une formule de Blaise Pascal, il a rappelé que la force privée de justice devient tyrannique, tandis que la justice dépourvue de force demeure impuissante. Pour le représentant de l’Ordre des Avocats, l’indépendance de la justice constitue une garantie essentielle contre l’arbitraire et les atteintes aux droits fondamentaux. Il a ainsi appelé à faire de cette nouvelle année judiciaire celle d’une justice à la fois ferme, humaine et indépendante. Les interventions ont également fait ressortir plusieurs défis à relever, notamment en matière de formation des acteurs, de discipline professionnelle, de modernisation des pratiques judiciaires et de concertation entre les différentes composantes de la chaîne judiciaire.
La célérité et la qualité comme exigences quotidiennes
Prenant la parole à son tour, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation, Yvon DÉTCHÉNOU, a exhorté les acteurs de la chaîne judiciaire à faire preuve de rigueur et de performance dans le traitement des dossiers. Cet appel s’adresse particulièrement aux magistrats et aux greffiers, dont le travail conditionne en grande partie la célérité des procédures et la qualité du service rendu aux justiciables. Le Ministre a insisté sur la nécessité de faire de la rapidité et de la qualité du traitement des affaires des exigences quotidiennes. Au-delà des statistiques et du nombre de dossiers traités, l’enjeu demeure celui d’une justice qui répond aux attentes des citoyens, dans le respect des règles de droit. Yvon DÉTCHÉNOU a par ailleurs rappelé que le bon fonctionnement de l’institution judiciaire repose sur l’engagement et la responsabilité de ceux qui rendent la justice. L’application de la loi doit ainsi aller de pair avec le respect de la dignité de chaque citoyen.
À travers le thème retenu pour cette rentrée, la Cour d’appel de Parakou place donc les exigences de l’activité judiciaire et la protection de la dignité humaine au centre des préoccupations de l’année 2026-2027.
Cadnel ADEBAYO