Cotonou s’invite dans le haut du classement africain en matière de sécurité. Selon les résultats du sondage réalisé par Sagaci Research pour Jeune Afrique, la capitale économique béninoise décroche la 7ᵉ position sur 30 villes africaines étudiées, avec une note de 7,3/10.
La performance est d’autant plus notable que Cotonou arrive en tête des métropoles d’Afrique de l’Ouest retenues dans l’étude. Elle devance Abuja, 9ᵉ avec 6,9/10, Accra, 12ᵉ avec 6,7, Abidjan, 13ᵉ avec 6,6, Lagos, 17ᵉ avec 6,3, et Dakar, 20ᵉ avec 6,2.
Kigali conserve la première place
À l’échelle continentale, c’est Kigali, au Rwanda, qui arrive en tête du classement de la sécurité avec une note de 8,6/10. La capitale rwandaise est suivie de Rabat, au Maroc, avec 8,1/10, et d’Alexandrie, en Égypte, qui obtient 7,8/10.
Le reste du haut du classement est largement occupé par les villes marocaines et égyptiennes. Casablanca se classe 4ᵉ avec 7,6/10, Tanger 5ᵉ avec 7,5 et Marrakech 6ᵉ avec 7,3. Le Caire arrive pour sa part à la 8ᵉ position avec 7,2/10.
Avec ses 7,3 points, Cotonou se retrouve ainsi au même niveau que Marrakech et devant plusieurs grandes métropoles africaines.
Une enquête basée sur la perception des habitants
L'intérêt du classement réside dans sa méthodologie. Il ne s'agit pas d'un palmarès établi exclusivement à partir des statistiques officielles de police ou des données judiciaires.
Le sondage a été réalisé auprès de plus de 7 800 résidents permanents de 41 métropoles africaines. Les personnes interrogées ont évalué plusieurs dimensions de leur environnement urbain, notamment la qualité de vie, les infrastructures et le logement, les entreprises et l'emploi ainsi que les services essentiels. La question de la sécurité des biens et des personnes est intégrée à la dimension consacrée à la qualité de vie.
Cette précision est essentielle pour interpréter correctement la performance de Cotonou.
Le classement traduit avant tout le sentiment de sécurité et la perception des habitants interrogés dans les villes concernées. Il ne signifie donc pas que Cotonou serait objectivement la septième ville d'Afrique en termes de criminalité si l'on ne considérait que les statistiques policières.
Cotonou, première métropole sûre d'Afrique de l'Ouest
La septième place continentale prend néanmoins une importance particulière pour le Bénin.
Dans une région où plusieurs grandes métropoles sont confrontées à des problématiques de vols, d'agressions, d'insécurité routière, de criminalité organisée ou encore de violences urbaines, Cotonou obtient la meilleure appréciation parmi les villes ouest-africaines incluses dans le classement.
La capitale économique béninoise devance notamment Abuja, capitale fédérale du Nigeria, et Accra, capitale du Ghana. Elle se situe également devant les grandes métropoles économiques que sont Abidjan et Lagos.
Cette position constitue un signal favorable pour l'image de Cotonou auprès de ses habitants, mais également pour son attractivité économique et touristique.
La sécurité, un facteur d'attractivité
Le choix de la sécurité comme critère du palmarès n'est pas anodin. Pour les auteurs de l'étude, la sécurité des personnes et des biens constitue une composante essentielle de l'attractivité d'une ville.
Une métropole qui inspire confiance à ses habitants et à ses visiteurs dispose d'un avantage supplémentaire pour attirer les investissements, les entreprises, les travailleurs qualifiés, les touristes et les événements internationaux.
Dans cette perspective, la performance de Cotonou dépasse la seule question sécuritaire. Elle participe à l'image générale que renvoie la ville.
La capitale économique béninoise figure d'ailleurs dans le palmarès des grandes villes africaines étudiées par Jeune Afrique sur plusieurs critères liés à leur attractivité.
Des résultats à interpréter avec prudence
Si le classement est favorable à Cotonou, il ne doit cependant pas conduire à ignorer les défis auxquels la ville reste confrontée.
La perception de la sécurité peut varier selon les quartiers, les horaires, les catégories sociales ou les expériences personnelles. Elle peut également évoluer rapidement en fonction de la situation économique, sociale et sécuritaire.
Le sondage constitue donc davantage un indicateur de perception et d'attractivité urbaine qu'un bilan exhaustif de la criminalité.
Cette nuance est d'autant plus importante que Jeune Afrique souligne lui-même la difficulté de disposer de statistiques parfaitement comparables sur la sécurité entre les différentes métropoles africaines.
Les métropoles sud-africaines en difficulté
À l'autre extrémité du classement, les villes sud-africaines obtiennent les résultats les plus faibles.
Johannesburg occupe la dernière place, la 30ᵉ, tandis que Durban arrive 27ᵉ et Le Cap 25ᵉ. Le classement s'inscrit dans un contexte marqué par un niveau élevé de criminalité dans plusieurs grandes villes sud-africaines.
Le contraste avec Cotonou est particulièrement frappant : la métropole béninoise se situe ainsi à 23 places de Johannesburg dans ce classement consacré à la perception de la sécurité.
Un atout à consolider pour Cotonou
La 7ᵉ place obtenue par Cotonou représente donc une reconnaissance intéressante, mais aussi une responsabilité.
Pour maintenir cette perception positive, la ville devra continuer à renforcer la prévention, la sécurité routière, l'éclairage public, la surveillance des espaces urbains et la proximité entre les services de sécurité et les populations.
L'enjeu est également de faire en sorte que le sentiment de sécurité observé dans le sondage corresponde durablement à la réalité vécue dans les différents quartiers de la ville.
Cotonou sur le podium ouest-africain
Au final, le résultat est clair : Cotonou est la première ville d'Afrique de l'Ouest dans le classement de sécurité issu du sondage de Jeune Afrique et Sagaci Research, avec 7,3/10 et une 7ᵉ position continentale.
Derrière cette performance se dessine un enjeu plus large pour la capitale économique béninoise : transformer cette bonne perception de la sécurité en avantage durable pour l'attractivité, le tourisme, les investissements et la qualité de vie des populations.
Un classement flatteur, donc, mais surtout un indicateur à consolider.
Ducas AYENAN