Abomey a vécu pendant huit jours au rythme du sport scolaire. Du 22 au 29 août 2026, la cité historique a accueilli la deuxième édition de la Ligue Nationale Scolaire, une compétition qui entend désormais dépasser le simple cadre d’un rendez-vous sportif annuel pour devenir un maillon essentiel de la politique nationale de développement du sport.
La cérémonie de clôture, tenue samedi, a été marquée par l’intervention du ministre des Sports et de l’Engagement civique, Benoît Dato, ainsi que par le bilan présenté par le Directeur général de l’Office béninois du sport scolaire et universitaire (OBSSU), Victor Lawin.
Des performances qui témoignent d’une progression
Cette deuxième édition a permis de mesurer les progrès réalisés dans les cinq disciplines retenues. Plusieurs performances individuelles et collectives ont particulièrement retenu l’attention.
En handball, une jeune joueuse de la catégorie U16 représentant le département de l’Atlantique a inscrit 10 buts au cours d’une même rencontre, illustrant le potentiel offensif qui se développe chez les jeunes pratiquantes.
Le basketball a également offert l’une des performances les plus spectaculaires de cette édition. OGOUVIDE Babel, représentant les Collines, a inscrit 58 points, tandis qu’EZIN Samuel, de la Donga, s’est lui aussi distingué par ses prestations.
Sur les terrains de volley-ball, plus de 2 200 points ont été enregistrés au cours de la compétition, avec une présence particulièrement remarquée dans le secteur du bloc.
Le football, discipline fortement suivie par les jeunes, a comptabilisé 48 rencontres. Les observations effectuées au cours des matchs font ressortir une amélioration des fondamentaux, une meilleure conservation du ballon et une progression de la maturité tactique des équipes.
Sur la piste d’athlétisme, le 400 mètres a également livré de belles performances. ADONON Anne, représentant le Zou, a réalisé 58’’7, tandis qu’OGBONI Stanislas, des Collines, a bouclé la distance en 52’’9.
Une compétition appelée à devenir un baromètre du sport scolaire
Au-delà des médailles et des performances individuelles, le Gouvernement entend donner à la Ligue Nationale Scolaire une fonction beaucoup plus large.
Pour le ministre Benoît Dato, cette compétition doit notamment permettre d'évaluer les effets des programmes sportifs déployés dans les établissements scolaires et sur l’ensemble du territoire.
« Elle est le cadre privilégié d’évaluation globale de l’ensemble de nos programmes sportifs », a expliqué le ministre, qui considère la Ligue comme un baromètre permettant de mesurer la qualité du travail effectué dans les établissements scolaires.
Cette orientation traduit une évolution dans la conception du sport scolaire au Bénin. Il ne s'agit plus seulement d'organiser des compétitions entre établissements ou départements, mais d'utiliser ces rencontres pour identifier les jeunes présentant un potentiel et leur permettre de bénéficier d'un accompagnement adapté.
Vers un véritable parcours de détection jusqu’au haut niveau
L’un des principaux défis désormais affichés par le ministère des Sports est de créer un continuum sportif autour de la Ligue Nationale Scolaire.
L’idée consiste notamment à mettre progressivement en place des championnats par catégories d’âge, afin que les jeunes détectés puissent évoluer dans un environnement structuré, depuis leurs premières performances scolaires jusqu’à la formation spécialisée et, éventuellement, l’accès au haut niveau.
Une telle approche permettrait de réduire l’une des difficultés traditionnellement rencontrées dans la détection des talents : la rupture entre la découverte d’un jeune potentiel et son accompagnement sur plusieurs années.
La vision affichée est donc de construire un parcours allant de la détection à la formation, puis de la formation au haut niveau. À terme, le Gouvernement souhaite ainsi permettre au Bénin d’être davantage compétitif dans les différentes disciplines et catégories d’âge sur les scènes africaine et internationale.
Former des champions, mais aussi des citoyens
Le message porté lors de la clôture ne s’est toutefois pas limité à la performance.
Devant les jeunes participants, le ministre Benoît Dato a insisté sur la dimension éducative du sport. Pour lui, le futur champion doit être capable d’associer performance, discipline et responsabilité.
Le sport scolaire est ainsi présenté comme un outil de formation du citoyen. Les notions de respect, fair-play, discipline, civisme et responsabilité nationale doivent accompagner l'apprentissage technique et physique.
Cette conception élargit considérablement le rôle assigné à la Ligue Nationale Scolaire. La compétition devient à la fois un espace de confrontation sportive, un dispositif de détection des talents et un cadre d’apprentissage des valeurs citoyennes.
Des récompenses et une nouvelle étape pour les jeunes talents
À l’issue de la compétition, les jeunes athlètes repartent avec des médailles et des bourses d’études, mais également avec la perspective d’un accompagnement plus durable.
L’objectif annoncé est de permettre aux talents identifiés de poursuivre leur progression dans les centres d’excellence de formation et les clubs.
Cette continuité sera déterminante. Car si la Ligue Nationale Scolaire permet de révéler les talents, sa réussite à long terme dépendra surtout de la capacité du système sportif à assurer leur suivi après la compétition.
Abomey, point de départ d’une nouvelle ambition
La deuxième édition de la Ligue Nationale Scolaire s’achève donc sur un double constat. D’un côté, les performances enregistrées dans les cinq disciplines témoignent d’une évolution encourageante du niveau sportif des jeunes. De l’autre, l’ambition gouvernementale est désormais de transformer la compétition en véritable outil national de détection et de formation.
La prochaine étape sera celle de la concrétisation : assurer le suivi des talents, renforcer les structures de formation, multiplier les compétitions par catégories d’âge et créer les conditions permettant aux jeunes détectés de franchir progressivement les différents paliers de la performance.
À Abomey, la deuxième édition aura ainsi offert bien plus qu’un palmarès. Elle aura surtout posé une question essentielle pour l’avenir du sport béninois : comment transformer les talents révélés à l’école en champions capables de s’imposer durablement au niveau africain et international ?
Le défi de la troisième édition sera désormais de montrer que le continuum annoncé entre détection, formation et haut niveau commence véritablement à prendre forme.
Ducas AYENAN