BENIN : Aziz Paraïso dévoile les principales mutations du Conseil économique et social

BENIN :

Aziz Paraïso dévoile les principales mutations du Conseil économique et social

(4.0)

À l’issue de l’étape du Littoral, à Cotonou, dans le cadre de la tournée nationale de lancement des activités des Conseils Départementaux du Conseil Économique et Social (CES), le Secrétaire Général de l’institution, Aziz PARAÏSO, s’est entretenu avec la presse.

LE MATIN : Monsieur le Secrétaire Général, pouvez-vous vous présenter ?

Aziz PARAÏSO : « Je suis Aziz Paraïso, Secrétaire Général du Conseil Économique et Social. »

 

LE MATIN : Le CES s’est doté d’un nouveau Règlement Intérieur, soumis à la Cour Constitutionnelle. Quelles sont les principales innovations de ce document ?

 Aziz PARAÏSO : « La nouvelle mandature du Conseil économique et social, la huitième, présidée par M. Abdoulaye BIO TCHANÉ, a hérité d’une réforme majeure intervenue en juillet dernier. Au titre de cette réforme, le Médiateur de la République est désormais intégré au Conseil Économique et Social. Il fallait donc réviser le Règlement Intérieur de l’institution afin de l’adapter à la nouvelle loi organique. C’est ce qui a été fait le 20 août dernier. Le document a ensuite été transmis à la Cour constitutionnelle afin de vérifier sa conformité avec la Constitution de notre pays. Les Sages de la Cour constitutionnelle se sont réunis le 27 août dernier et nous avons appris que ce Règlement intérieur était conforme à la Constitution. Il est donc désormais applicable au Conseil économique et social. »

 

LE MATIN : Le CES devient donc l’institution qui intègre désormais les fonctions du Médiateur de la République ?

 Aziz PARAÏSO : « Oui. Comme je le disais, l’institution du Médiateur de la République n’existe plus en tant qu’entité autonome. Après l’adoption de la loi et la validation du nouveau Règlement intérieur du Conseil Économique et Social, les fonctions qui relevaient du Médiateur ont été intégrées à l’institution. Aujourd’hui, c’est le premier Vice-président du Conseil Économique et Social qui assure les fonctions relevant de la médiation. C’est d’ailleurs à ce titre que, dès la validation du Règlement intérieur par la Cour Constitutionnelle, le président a pris une décision portant reversement du personnel de l’ancien Médiateur dans les effectifs du Conseil Économique et Social. Voilà donc quelques-uns des actes qui ont été pris à la suite de la validation du Règlement intérieur du Conseil Économique et Social. »

 

LE MATIN : À qui les citoyens devront-ils désormais s’adresser en cas de conflit ou de difficulté avec l’administration ?

Aziz PARAÏSO : « Bien sûr, la fonction de médiation demeure, notamment en ce qui concerne l’intercession gracieuse. Vous savez que, dans le passé, le Médiateur, en tant qu’institution, avait trois attributions fondamentales. Il intervenait notamment sur les questions sociales. Le Médiateur pouvait également s’autosaisir de certaines situations et intervenir sur des questions politiques. Il avait aussi la possibilité d’œuvrer en faveur de la cohésion sociale. Aujourd’hui, deux de ces attributions ont été totalement reversées au Conseil économique et social. Ce sont les questions liées à la médiation politique qui ont été reversées au Sénat. Du coup, la principale attribution qui demeure dans le champ de la médiation est l’intercession gracieuse. Le réformateur a donc jugé utile de confier cette attribution au premier Vice-président du Conseil Économique et Social. Les populations ont ainsi toujours la possibilité de saisir le premier Vice-président du Conseil Économique et Social pour les difficultés qu’elles rencontreraient avec l’administration. »

 

LE MATIN : Il se dit que le Premier Vice-président est désormais sans cabinet. Comment pourra-t-il accomplir ces nouvelles missions ?

 Aziz PARAÏSO : « Je viens de vous dire que l’institution du Médiateur de la République n’existe plus en tant qu’entité autonome. Il est donc normal que son cabinet, en tant que structure distincte, n’existe plus non plus. Je vais donner un petit exemple. Lorsque deux entités fusionnent, les comptables pourront peut-être mieux comprendre. Tout dépend de l’option de fusion envisagée. Si la fusion est une fusion-absorption, une entité absorbe la seconde afin de constituer une seule entité plus forte. C’est un peu ce qui s’est passé, de façon schématique. Le Conseil Économique et Social a absorbé les fonctions et les moyens de l’institution du Médiateur de la République afin d’élargir ses attributions. Désormais, il n’existe donc qu’une seule entité : le Conseil Économique et Social. Les citoyens qui rencontrent des difficultés ou qui ont des plaintes à l’endroit de l’administration peuvent toujours saisir le Conseil Économique et Social, à travers le premier Vice-président, qui assure désormais ces fonctions de médiation. »

 

LE MATIN : Dans un contexte marqué par les préoccupations liées à l’emploi, le sort du personnel de l’ancien Médiateur suscite des interrogations. Le CES pourra-t-il réellement prendre en compte tous ces agents ?

 Aziz PARAÏSO : « Dès sa prise de fonction, le président du Conseil économique et social a rencontré l’ensemble du personnel, qu’il s’agisse des agents du Conseil Économique et Social ou de ceux du Médiateur, ainsi que du personnel civil et militaire, afin d’échanger avec eux. Son message a été clair : il n’est pas venu pour renvoyer qui que ce soit. Et depuis qu’il est là, il n’a renvoyé personne. Mieux encore, je vous ai indiqué tout à l’heure qu’après la validation du Règlement intérieur par la Cour Constitutionnelle, le Président a pris une décision visant à reverser l’ensemble du personnel de l’ancien Médiateur dans les effectifs du Conseil Économique et Social. Voilà autant d’éléments qui prouvent que nous ne sommes pas dans une logique de licenciement ou de renvoi du personnel. »

 

LE MATIN : Avec cette réforme, quelles sont concrètement les nouvelles compétences du Conseil Économique et Social ?

 Aziz PARAÏSO : « Oui, comme vous le savez, le Conseil Économique et Social a bénéficié de compétences et d’attributions supplémentaires. Il faut notamment souligner que, désormais, le Conseil Économique et Social doit produire un rapport sur la situation économique du pays. Ce rapport doit être présenté au Gouvernement chaque année, au mois de septembre. Cela fait partie des nouveautés introduites par cette réforme. Cette mission n’existait pas auparavant sous cette forme. Avec la réforme de 2026, le Conseil Économique et Social franchit donc un nouveau cap, ce qui nécessite également le renforcement de ses compétences et de ses capacités d’intervention. Et le Président travaille justement à la mise en œuvre de ces nouvelles missions. »

 

À travers les explications de son Secrétaire Général, le CES entend ainsi donner davantage de lisibilité aux transformations engagées depuis la réforme institutionnelle. La validation de son nouveau Règlement intérieur marque une étape importante dans cette évolution, notamment avec l’intégration des fonctions relevant de l’ancien Médiateur de la République. La réforme modifie également le rôle de l’institution sur le terrain, avec le maintien de la fonction d’intercession gracieuse, désormais assurée à travers le premier vice-président, et l’attribution de nouvelles responsabilités, dont la production annuelle d’un rapport sur la situation économique du pays.

Pour la huitième mandature, l’enjeu est désormais de transformer ces nouvelles dispositions en capacités effectives d’action, au service des citoyens et de l’analyse des réalités économiques et sociales du Bénin.

 

Propos recueillis par Jean DOSSOU

3.5/5

Based on 275 reviews

5 Stars

4 Stars

3 Stars

2 Stars

1 Stars

Brice HAL

2 jours

Commentaire sur l'article.

Aucune Pub disponible

De la même catégorie INTERVIEW

Aucun article actuellement trouvé

Aucune Pub disponible

Autres publications


Sport

MONDIAL U20 FEMININ 2026 :

après la défaite contre l’Argentine, Wadagni remobilise les Amazones
10 sept. 2026
Grant-Aniel BOLARIAN

10 sept. 2026
INTERVIEW

BENIN :

Aziz Paraïso dévoile les principales mutations du Conseil économique et social
10 sept. 2026
Jean DOSSOU

10 sept. 2026
Actualité

AUBE NOUVELLE EN FONGBE :

la Cour constitutionnelle saisie d’un recours sur sa conformité à la Constitution
10 sept. 2026
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU

10 sept. 2026

Aucune Pub disponible