Au cours de son intervention, l'universitaire a particulièrement insisté sur la manière dont le rapport entre démocratie et développement continue d'être questionné dans plusieurs pays africains. À ses yeux, ce débat ne devrait plus constituer une remise en cause du modèle démocratique. Il estime plutôt que les insuffisances constatées dans le fonctionnement des institutions doivent être identifiées, corrigées et dépassées. « Vous ne verrez dans aucun pays anglophone aujourd'hui le débat sur la question de savoir s'il y a un lien entre le développement et la démocratie », a-t-il déclaré. Pour Victor TOPANOU, les difficultés inhérentes à tout système démocratique doivent conduire à des ajustements et non à une opposition entre les libertés publiques et les attentes sociales et économiques des populations.
L'universitaire a ensuite porté son analyse sur la durée des mandats présidentiels. Il a comparé les débats observés dans plusieurs pays francophones aux pratiques qu'il attribue aux pays anglophones, estimant que la durée constitutionnelle du mandat devrait surtout amener les dirigeants à réfléchir aux réformes susceptibles de produire des effets durables. « Quand le candidat à la présidentielle postule au poste, la première chose qu'il se dit, c'est : “Que puis-je faire en 4 ans pour impacter durablement ma société ?” », a-t-il soutenu, prenant l'exemple de mandats de quatre ans dans plusieurs pays anglophones. Victor TOPANOU a également critiqué l'évolution des discussions sur la durée des mandats dans l'espace francophone. Il a rappelé les passages successifs de cinq à sept ans dans certains contextes, avant d'évoquer, sur le ton de l'hypothèse, la possibilité de nouvelles prolongations. « Bientôt, pour les mêmes raisons, on va passer à 9 ans, et probablement on ira s'arrêter à 11 ans », a-t-il lancé.
La question des révisions constitutionnelles a constitué un autre volet important de son intervention. Le professeur s'est notamment interrogé sur les débats relatifs à la portée d'une révision de la Constitution et à la possibilité qu'une modification substantielle soit considérée comme l'avènement d'une nouvelle Constitution ou d'une nouvelle République, avec pour conséquence potentielle une remise à zéro du décompte des mandats présidentiels. Pour lui, la persistance de telles discussions constitue l'une des principales difficultés du débat institutionnel dans l'espace francophone africain. « Il n'y a que nous, il n'y a que nous les francophones », a-t-il insisté, avant d'exprimer son profond désarroi face à la répétition de ces interrogations.
Cette lassitude, Victor TOPANOU l'a également présentée comme particulièrement forte à ce stade de son parcours. Il a expliqué que le fait de participer à des rencontres durant plusieurs heures pour constater que les mêmes questions reviennent régulièrement nourrit chez lui un sentiment de découragement. L'universitaire a toutefois conclu son intervention par un appel à dépasser ces débats récurrents. « Il faut qu'on avance, il faut qu'on avance », a-t-il martelé, invitant ainsi à privilégier une dynamique de progression et de consolidation des pratiques démocratiques plutôt qu'une répétition indéfinie des mêmes controverses institutionnelles.
En définitive, Victor TOPANOU a ainsi recentré son propos sur la nécessité, selon lui, de dépasser les controverses récurrentes autour des institutions et des règles démocratiques. Son appel à « avancer » traduit sa volonté de voir les débats sur la gouvernance évoluer vers des réponses concrètes aux défis de développement, de stabilité institutionnelle et de consolidation démocratique. Une interpellation qui intervient dans un contexte où les questions relatives aux réformes constitutionnelles, à la durée des mandats et à l'efficacité des systèmes démocratiques continuent d'alimenter les discussions publiques en Afrique francophone.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU