Durant les cinq jours de l'événement, les discussions ont porté notamment sur la protection des enfants, l'avenir de la jeunesse, l'éducation et les perspectives de coopération entre acteurs africains. Pour CIDH Africa, la rencontre a constitué à la fois un cadre de réflexion sur les défis du continent et une occasion d'identifier des domaines susceptibles de donner lieu à de nouveaux partenariats. La question du recrutement et de l'utilisation des enfants dans les conflits armés a occupé une place importante dans les travaux auxquels a pris part la délégation. Au cours d'un atelier consacré à cette problématique, les participants ont examiné les facteurs susceptibles de favoriser l'enrôlement des enfants par des groupes armés. La pauvreté, les déplacements forcés, l'instabilité, les difficultés d'accès à l'éducation et la fragilisation des structures familiales figurent parmi les facteurs de vulnérabilité identifiés. Dans les zones touchées par les conflits, ces différentes situations peuvent exposer davantage les enfants aux risques d'exploitation et de recrutement. Les échanges ont mis l'accent sur la prévention. Pour les représentants de CIDH Africa, la protection des enfants nécessite d'agir en amont afin de réduire les facteurs qui favorisent leur vulnérabilité. L'accès à l'éducation, la lutte contre la pauvreté, l'accompagnement des familles en difficulté et le renforcement des mécanismes de protection de l'enfance ont ainsi été présentés comme des axes d'intervention. Les participants ont également insisté sur la nécessité de traduire les engagements internationaux en mesures concrètes sur le terrain. La protection juridique des enfants contre le recrutement et leur utilisation dans les conflits armés dépend en effet de la capacité des États et des acteurs concernés à assurer l'application effective des dispositifs existants.
La délégation marocaine s'est également intéressée au Projet Atlantique et à ses perspectives pour le développement et le rapprochement des pays africains. Les discussions ont notamment porté sur la connectivité, les infrastructures, les échanges commerciaux, les investissements et la mobilité. Une meilleure interconnexion des territoires africains pourrait faciliter la circulation des personnes et des marchandises et favoriser l'émergence de nouvelles possibilités de coopération. Pour CIDH Africa, ces perspectives doivent toutefois être accompagnées d'un investissement conséquent dans le capital humain, notamment en faveur de la jeunesse. La formation, l'accès à l'emploi, l'entrepreneuriat et la mobilité des jeunes ont ainsi été identifiés comme des facteurs susceptibles de renforcer l'impact des initiatives de coopération. L'objectif évoqué est de permettre aux jeunes de bénéficier des nouvelles opportunités économiques et sociales susceptibles de découler de l'amélioration des infrastructures et de l'intensification des échanges entre pays africains. En marge des activités du Forum social mondial, la délégation de CIDH Africa a poursuivi ses rencontres avec différents acteurs de la société civile au Bénin et en Europe. Ces échanges ont porté sur les droits humains, l'éducation, la jeunesse et les enjeux de développement, avec la recherche de domaines d'intérêt commun. La mission marocaine s'est également rendue auprès des autorités de la commune d'Ifangni. Cette rencontre a permis d'aborder plusieurs réalités locales et d'examiner des possibilités de collaboration. Des contacts ont été établis en vue de poursuivre les discussions et d'explorer des initiatives susceptibles de réunir les différents acteurs concernés.
Au terme de sa participation au Forum social mondial 2026, CIDH Africa repart ainsi de Cotonou avec plusieurs pistes de rapprochement entre organisations et institutions. Les échanges engagés autour de la protection de l'enfance, des droits humains, de l'éducation et de la jeunesse constituent désormais des points de départ pour la poursuite des contacts établis au cours de cette mission.
Léonel ÉBO