La cérémonie d’ouverture a été présidée par Rogatien TOSSOU, Directeur de Cabinet, Représentant la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. À ses côtés figuraient notamment le Professeur Mahougnon KAKPO, Coordonnateur général du colloque et Président du Comité d’Organisation, Jacques AGUIA DAHO, Directeur de Cabinet représentant les Ministres de la Culture et du Tourisme, ainsi que la Préfète de l’Ouémé, le Maire de Porto-Novo, des dignitaires religieux, des chefs traditionnels, des acteurs du patrimoine, des chercheurs et des universitaires. Selon les organisateurs, le colloque entend contribuer à une lecture plus approfondie d’un patrimoine dont la portée dépasse largement la seule dimension esthétique.
Pour le Professeur Mahougnon KAKPO, ce rendez-vous constitue un espace scientifique de haut niveau destiné à interroger les différentes dimensions du patrimoine Vodun, dans son épaisseur historique, culturelle, spirituelle et sociale. Les travaux devraient ainsi contribuer à enrichir le narratif scientifique consacré au Vodun, tout en participant à une meilleure compréhension de ce qu’il représente et de ce qu’il n’est pas. Cette démarche revêt un enjeu particulier dans un contexte où le patrimoine Vodun demeure entouré de représentations diverses, parfois réductrices ou éloignées de ses réalités historiques et culturelles. L’ambition affichée est donc également de contribuer, par la recherche et la production scientifique, à déconstruire certains préjugés et à donner davantage de visibilité à la richesse de cet héritage. Les actes issus du colloque devraient, à terme, constituer une importante contribution documentaire à cette dynamique de connaissance et de valorisation.
Le thème retenu place les participants au cœur d’une problématique majeure : comment préserver l’authenticité d’un patrimoine tout en permettant son inscription dans le monde contemporain ? La question se pose avec une acuité particulière pour les masques Vodun, qui sont à la fois des objets de patrimoine, des supports de savoirs, des éléments de pratiques culturelles et, selon les contextes, des composantes de systèmes rituels et spirituels. Durant les différentes sessions prévues, les participants confronteront leurs analyses autour des enjeux liés à la conservation des héritages, à la transmission des connaissances et des pratiques, à l’évolution des expressions culturelles ainsi qu’aux conditions d’une valorisation respectueuse des significations attachées à ce patrimoine. L’enjeu est donc de trouver un juste équilibre entre préservation et adaptation, mémoire et innovation, transmission et renouvellement.
Représentant la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique à l’ouverture des travaux, Rogatien TOSSOU a rappelé l’ambition portée par le Gouvernement du Bénin à travers cette dynamique de valorisation du patrimoine culturel national. Il a invité les chercheurs et les détenteurs de savoirs à produire des connaissances susceptibles d’accompagner cette politique et d’apporter des réponses pertinentes aux défis de conservation, de transmission et de valorisation du patrimoine. Il ne s’agit plus seulement de conserver les traces du passé, mais de mieux les documenter, les comprendre, les transmettre et créer les conditions de leur valorisation durable. Cette articulation entre recherche, savoirs endogènes et action publique apparaît ainsi comme l’un des enjeux majeurs des travaux.
La présence conjointe d’universitaires, de chercheurs, de spécialistes du patrimoine, de dignitaires et de détenteurs de savoirs endogènes donne également au colloque une dimension particulière. La connaissance du patrimoine Vodun ne saurait, en effet, être enfermée dans une seule approche. Elle appelle le croisement des disciplines, des sources et des expériences. Les savoirs académiques peuvent dialoguer avec les traditions orales, les pratiques transmises au sein des communautés et les connaissances détenues par ceux qui sont directement dépositaires de cet héritage. Cette rencontre entre différentes formes de savoir devrait permettre de mieux documenter les masques Vodun, leur histoire, leurs fonctions, leurs transformations et les conditions de leur transmission aux générations futures.
Le choix de Porto-Novo et de l’École du Patrimoine Africain pour accueillir cette première grande séquence scientifique du Festival des Masques s’inscrit dans une volonté de faire de la capitale du Bénin un espace privilégié de réflexion sur le patrimoine culturel. Pendant deux jours, les travaux permettront ainsi de croiser les regards sur un patrimoine dont la sauvegarde ne peut être dissociée des enjeux contemporains de développement culturel et durable.
Au-delà des échanges scientifiques, le colloque devra surtout contribuer à poser les bases d’une meilleure compréhension des masques Vodun et de leur place dans le patrimoine culturel béninois. Les réflexions issues de ces travaux sont appelées à nourrir les politiques publiques et les initiatives en matière de sauvegarde, de transmission, de documentation et de valorisation du patrimoine culturel. Avec ce colloque international, le Festival des Masques 2026 affirme donc dès son ouverture une ambition qui dépasse la célébration culturelle : faire de la connaissance scientifique, du dialogue entre les savoirs et de la transmission des héritages des leviers essentiels de la préservation et de la valorisation du patrimoine Vodun.
Cadnel ADEBAYO