D'après les informations présentées devant la juridiction, le prévenu se serait rendu sur les lieux au moment où les forces de sécurité procédaient à l'opération. Apercevant l'importante présence policière, il aurait cherché à comprendre la situation avant d'être interpellé puis conduit dans les locaux de la Police. À l'issue de son audition, il a été présenté au parquet spécial de la CRIET qui a engagé des poursuites contre lui.
Au cours des débats, le Ministère Public a indiqué que le mis en cause se serait présenté comme vétérinaire en s'appuyant sur une attestation qui lui aurait été délivrée par son père, lui-même vétérinaire. Selon l'accusation, ce document ne conférerait pas le statut légal de vétérinaire et aurait néanmoins été utilisé dans le cadre de ses activités professionnelles. Le dossier comporte également des éléments numériques. Le Ministère Public affirme que des échanges retrouvés dans le téléphone portable du prévenu feraient apparaître des contacts avec son oncle ainsi qu'avec d'autres personnes mises en cause dans le dossier de la tentative présumée de coup d'État. Le parquet soutient en outre que plusieurs messages supprimés auraient été restaurés au cours des investigations techniques.
À la barre, le prévenu a rejeté l'ensemble des accusations portées contre lui. Il a plaidé non coupable et contesté toute implication dans le projet présumé de renversement des institutions. Il a expliqué s'être rendu au domicile de son oncle uniquement pour lui rendre visite et comprendre les raisons de la présence des forces de l'ordre, précisant qu'il ne s'agissait que de la deuxième fois qu'il se rendait à cette adresse.
Concernant les faits de faux et usage de faux, il a soutenu que l'attestation produite lui avait été remise par son défunt père après plus de vingt années passées à travailler à ses côtés dans les soins aux animaux. Selon ses déclarations, ce document lui servait à exercer des activités d'assistance vétérinaire. Le prévenu a également tenté de justifier l'origine de ses ressources financières. Il a affirmé tirer ses revenus de l'élevage, de la vente de chiots de race berger allemand, des consultations et soins apportés aux animaux ainsi que de la production animale au sein de sa ferme. Il a indiqué réaliser un chiffre d'affaires annuel estimé à un peu plus de quatre millions de francs CFA, revenus qui lui auraient permis de financer progressivement la construction d'une résidence de type R+1 entamée en 2015.
Le Représentant du Ministère Public s'est toutefois montré sceptique face aux explications fournies par le prévenu, notamment au sujet des messages retrouvés dans son téléphone portable, relevant des contradictions entre ses déclarations et les conclusions des investigations techniques. À l'issue de cette audience, la Cour a renvoyé l'examen du dossier au mois de Juillet 2026 pour la poursuite des débats.
Cette affaire s'inscrit dans le cadre des procédures judiciaires ouvertes à la suite de la tentative présumée de coup d'État déjouée le 7 décembre 2025. Les investigations se poursuivent, tandis que les personnes poursuivies continuent de bénéficier de la présomption d'innocence jusqu'à une décision de justice définitive.
Léonel ÉBO