Cette décision intervient dans le cadre de l’application de la loi n°2025-19 du 22 juillet 2025 ainsi que de ses décrets d’application. Le texte prévoyait initialement un délai de neuf mois, à compter du 04 août 2025, pour permettre aux organisations concernées d’harmoniser leurs statuts sous peine de dissolution de plein droit. Ce délai est arrivé officiellement à expiration le 03 mai 2026. Mais face aux nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain, le gouvernement a choisi l’option de la souplesse administrative plutôt que celle de la rigidité réglementaire. Selon le communiqué ministériel, plusieurs promoteurs d’associations et de fondations continuent de faire face à des contraintes techniques, administratives et logistiques ralentissant l’aboutissement de leurs formalités de conformité.
Dans une démarche à la fois pragmatique et inclusive, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique offre ainsi une nouvelle fenêtre de régularisation de trois mois. Une période durant laquelle les structures concernées pourront encore bénéficier de l’assistance technique des services compétents afin de satisfaire aux exigences légales. À travers cette mesure, les autorités béninoises affichent une volonté manifeste d’accompagner les acteurs de la société civile dans la consolidation d’un environnement associatif mieux structuré, plus transparent et conforme aux normes en vigueur. Cette prorogation apparaît également comme un signal d’écoute adressé aux organisations nationales et étrangères opérant sur le territoire béninois.
Le Ministre Alassane SEIDOU invite d’ailleurs instamment les promoteurs concernés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour se conformer aux textes avant l’expiration de ce nouveau délai, qui pourrait constituer l’ultime opportunité accordée par l’État. Au-delà de l’aspect administratif, cette réforme traduit la détermination des pouvoirs publics à renforcer la gouvernance des organisations associatives et fondatrices, dans un contexte où la traçabilité, la légalité et la crédibilité institutionnelle deviennent des exigences majeures du développement national.
Avec cette prolongation exceptionnelle, le gouvernement entend manifestement conjuguer fermeté réglementaire et accompagnement responsable, afin d’éviter une vague de dissolutions automatiques qui pourrait fragiliser le tissu associatif béninois.
Cadnel ADEBAYO