Entre reconnaissance du profil du dirigeant et vigilance sur l’exercice du pouvoir, l’universitaire trace les contours d’un mandat placé sous haute attente. Dans son intervention, Théodore HOLO salue d’abord la portée symbolique de l’élection de Romuald WADAGNI. Pour lui, l’accession au pouvoir d’un dirigeant plus jeune constitue une rupture significative dans l’histoire politique récente du Bénin. Ce renouvellement générationnel apparaît, selon ses propos, en adéquation avec la structure démographique du pays, largement dominée par la jeunesse. Une évolution qui pourrait, à terme, favoriser une meilleure connexion entre gouvernants et gouvernés. Au-delà de l’âge, c’est surtout le parcours du nouveau président qui retient l’attention de l’ancien juge constitutionnel. Théodore HOLO met en avant l’expertise financière et l’expérience internationale de Romuald WADAGNI, qu’il considère comme des atouts majeurs dans un contexte économique globalisé. Dans son analyse, il établit un parallèle avec Nicéphore SOGLO, dont le passage à la Banque mondiale avait renforcé la crédibilité du Bénin auprès des partenaires internationaux dans les années 1990. Dans cette perspective, la capacité du nouveau Président à dialoguer avec les institutions financières et les partenaires techniques est perçue comme un levier stratégique pour soutenir les politiques publiques et mobiliser les ressources nécessaires au développement.
L’ancien président de la Cour Constitutionnelle ne se limite pas aux considérations techniques. Il insiste également sur les engagements politiques annoncés par le chef de l’État, notamment en matière de gouvernance démocratique. Promotion des libertés fondamentales, renforcement du dialogue politique et consolidation de la sécurité nationale : autant de priorités qui, selon lui, devront être traduites en actes concrets. Pour Théodore HOLO, le développement ne saurait se réduire aux infrastructures. Il repose aussi sur un équilibre subtil entre performance économique et respect des droits fondamentaux, condition essentielle de la stabilité et de la cohésion sociale.
Malgré cette lecture globalement favorable, le juriste adopte une posture de prudence. Il rappelle que l’exercice du pouvoir constitue toujours une épreuve décisive, souvent plus complexe que les intentions affichées. « Pour moi, c’est un bon président. Sera-t-il fidèle à ses engagements ? Je ne sais pas encore », a-t-il déclaré. Cette réserve traduit une exigence : celle de la cohérence entre discours et action. D’autant plus que Romuald WADAGNI, en raison de ses responsabilités passées au sein de l’appareil d’État, incarne aussi une forme de continuité. Dans ce contexte, la capacité du Président à reconnaître les insuffisances, à corriger les trajectoires et à faire preuve d’humilité politique apparaît comme un facteur déterminant pour la réussite de son mandat.
Dans un Bénin en quête de consolidation démocratique, le nouveau pouvoir est ainsi attendu sur un double front : celui de la performance économique et celui de la gouvernance inclusive. Car, au-delà des profils et des promesses, c’est bien dans l’action que se joue la crédibilité d’un mandat.
Grant-Aniel BOLARIAN