Une affaire de présumée escroquerie éclabousse actuellement le milieu des pratiques traditionnelles au Bénin. Un tradipraticien affirme avoir été dépouillé de plus de 45 millions de francs CFA après avoir été convaincu qu’une nomination à un poste ministériel lui serait accordée. Selon les éléments rapportés dans cette affaire, les sollicitations financières se seraient étalées sur plusieurs années.
Tout aurait commencé en 2023, lorsque la victime présumée aurait fait la connaissance d’un homme se présentant comme un proche des cercles du pouvoir. Ce dernier aurait notamment affirmé être conseiller à la présidence de la République et responsable d’une fondation. Il aurait également laissé entendre qu’il disposait de suffisamment d’influence pour favoriser la nomination de personnalités au sein du gouvernement.
Une nomination promise contre des versements d’argent
Au fil des échanges, le tradipraticien aurait été convaincu qu’il pouvait accéder à un poste ministériel. Mais, pour parvenir à cette nomination, différentes sommes d’argent lui auraient été réclamées.
Croyant à la promesse qui lui était faite, l’intéressé aurait progressivement mobilisé d’importantes ressources financières. Selon les informations rapportées, il aurait notamment vendu sa maison, puis puisé dans des fonds issus de tontines et contracté des prêts afin de satisfaire aux différentes demandes qui lui étaient adressées.
Au total, les sommes versées dépasseraient 45 millions de francs CFA.
L'attente du tradipraticien aurait finalement pris une autre tournure avec la formation du nouveau gouvernement, annoncée le 24 mai 2026. Malgré les assurances qui lui auraient été données, son nom n’aurait pas figuré dans la nouvelle équipe gouvernementale.
La promesse tourne au désenchantement
Face à cette situation, le tradipraticien aurait commencé à réclamer des explications et, surtout, la restitution des fonds versés. C’est dans ce contexte que l’affaire aurait été portée à la connaissance des autorités judiciaires.
Les investigations menées dans le dossier ont conduit à l’interpellation de deux hommes, le 1er septembre 2026. Les deux suspects ont été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête. Ils devraient être présentés au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à partir du 7 septembre 2026, afin que la justice puisse examiner les faits qui leur sont reprochés et déterminer les éventuelles responsabilités.
Une enquête appelée à faire toute la lumière
L’affaire soulève la question des mécanismes utilisés pour convaincre une personne de remettre des sommes considérables en échange d’une intervention supposée auprès de hauts responsables de l’État.
Pour l’heure, les personnes interpellées restent présumées innocentes tant qu’une décision de justice définitive n’aura pas établi leur culpabilité. L’enquête devra notamment déterminer les circonstances exactes des versements, l’utilisation des fonds ainsi que la réalité des promesses de nomination qui auraient été faites à la victime présumée.
Au-delà du montant particulièrement élevé en jeu, cette affaire illustre les risques liés aux promesses d’influence et d’accès à de hautes fonctions publiques lorsqu’elles s’accompagnent de demandes financières. La suite de la procédure judiciaire permettra de préciser les contours de ce dossier et de déterminer si les faits relèvent effectivement d’une entreprise d’escroquerie organisée.
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Ibourahim Abdou GIBRIL