L’autre indicateur majeur concerne l’évolution des prix. Après un taux d’inflation moyen de 3,5 % en 2024, l’UEMOA a enregistré une inflation moyenne annuelle de 0,0 % en 2025. La BCEAO attribue cette évolution notamment à l’amélioration de l’offre alimentaire locale, à la baisse des prix de certaines composantes de consommation ainsi qu’aux interventions menées par certains États pour renforcer la sécurité alimentaire et énergétique. La production céréalière a progressé de 6,8 % durant la campagne agricole 2025-2026, contribuant à une meilleure disponibilité des produits alimentaires sur les marchés de l’Union. La détente des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques a également participé au ralentissement de l’inflation. La BCEAO précise toutefois que cette évolution ne signifie pas une baisse générale de tous les prix : elle traduit une absence de progression moyenne du niveau des prix à la consommation sur l’ensemble de l’année.
Le rapport fait également ressortir une amélioration des finances publiques des États membres. À fin décembre 2025, les recettes budgétaires se sont établies à 25 396,5 milliards de F CFA, en progression de 13,3 % par rapport à 2024. Les recettes fiscales ont atteint 22 160,5 milliards de F CFA, soit une hausse de 13,7 %. Les dons reçus par les États membres ont également progressé, avec une hausse de 28,1 %. L’ensemble des recettes budgétaires et des dons s’est ainsi établi à 26 629,9 milliards de F CFA. Du côté des dépenses, les dépenses totales et prêts nets ont atteint 32 189,9 milliards de F CFA, en hausse de 5 %. Cette progression est notamment liée à l’augmentation des dépenses courantes et des charges d’intérêts sur la dette publique.
L’évolution des recettes et des dépenses s’est traduite par une réduction du déficit budgétaire global de l’Union. Celui-ci est passé de 7 288,1 milliards de F CFA en 2024 à 5 559,9 milliards de F CFA en 2025, soit une diminution de 23,7 %. Rapporté au produit intérieur brut, le déficit global ressort à 3,7 % en 2025, contre 5,4 % un an auparavant. Cette évolution intervient dans un contexte de poursuite des efforts d’assainissement des finances publiques au sein des États membres de l’UEMOA.
La situation extérieure de l’Union s’est également améliorée au cours de l’exercice 2025. Selon la BCEAO, le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire à 7 012,6 milliards de F CFA, contre 3 012,7 milliards de F CFA en 2024. Cette progression a notamment été soutenue par l’amélioration des termes de l’échange, l’augmentation des exportations d’or et d’hydrocarbures ainsi que la mobilisation de ressources extérieures par les États membres. Le déficit du compte courant s’est, pour sa part, réduit à 2 % du PIB, contre 5,7 % en 2024.
Le rapport annuel revient également sur l’évolution de la politique monétaire de la BCEAO. Après avoir relevé progressivement son principal taux directeur de 2 % à 3,50 % pour contenir les tensions inflationnistes, la Banque centrale l’a ramené à 3,25 % en juin 2025. Selon le gouverneur Jean-Claude Kassi BROU, cet assouplissement a contribué à améliorer les conditions de financement dans l’Union. Les crédits bancaires accordés au secteur privé ont ainsi progressé d’environ 6 % en 2025.
Les données présentées par la BCEAO font apparaître une activité économique qui demeure dynamique dans l’espace communautaire. Les industries extractives, les services, les activités commerciales ainsi que les performances agricoles ont contribué à la progression enregistrée en 2025. Pour 2026, les perspectives présentées par le Conseil des Ministres de l’Union tablent sur une croissance de 6,4 %, portée notamment par les industries extractives et manufacturières, les activités commerciales et les services ainsi que les perspectives favorables de la campagne agricole 2026-2027. L’évolution des prix devrait toutefois être différente de celle observée en 2025. La BCEAO prévoit une remontée de l’inflation à 1,6 % en 2026 dans son scénario central, puis à 2,1 % en 2027.
Présenté le 22 juillet 2026, le Rapport Annuel 2025 de la BCEAO retrace ainsi une année marquée par une croissance de 6,7 %, une inflation moyenne nulle, une réduction du déficit budgétaire et une amélioration des comptes extérieurs de l’UEMOA.
Léonel ÉBO