Jusqu'alors ancrée dans une dynamique essentiellement traditionnelle et portée par la Cour Royale de Nikki, la Gaani s'apprête à changer de dimension. En décidant de s'impliquer activement dans sa conception et sa logistique, l’État marque sa volonté d’institutionnaliser le soutien aux grands rendez-vous patrimoniaux. Invité sur le plateau de la télévision nationale, le Porte-parole du gouvernement, Wilfried HOUNGBÉDJI, a levé le voile sur cette mutation profonde, qualifiant ce rendez-vous de jalon fondateur : « L’édition 2026 de la Gaani, c’est l’édition zéro portée par le gouvernement. » Cette formule inédite traduit la volonté de doter l'événement de moyens organisationnels accrus, capables de répondre aux standards internationaux en matière de gestion de grands rassemblements culturels.
Le défi de cette transition réside dans l'équilibre délicat entre la préservation de la sacralité des rites du peuple Baatonu et la nécessité d'ouvrir l'événement au plus grand nombre. La Gaani, qui célèbre la communion, l'histoire et les valeurs de vaillance à travers ses mythiques parades équestres et ses hommages au Sinaboko, (Empereur) possède un potentiel d'attractivité exceptionnel. En s’associant étroitement à l’organisation, l’exécutif vise un double impact : Un rayonnement culturel renforcé : Exposer la richesse du patrimoine septentrional du Bénin sur la scène continentale et mondiale. Un levier de développement économique : Structurer l'industrie touristique autour de l'événement pour générer des retombées substantielles pour la commune de Nikki et les acteurs locaux (hôtellerie, artisanat, restauration, transport).
Sous la houlette des instances gouvernementales, l’édition 2026 devrait marquer une rupture qualitative. Outre la modernisation des infrastructures d'accueil et des dispositifs de sécurité, la dimension artistique sera repensée pour offrir aux festivaliers une immersion totale, à la fois respectueuse des traditions séculaires et résolument tournée vers la modernité.
Alors que les festivités se tiendront à la fin du mois d'août 2026, tous les regards des acteurs culturels et des amoureux du patrimoine se tournent désormais vers Nikki. Cette "édition zéro" s'annonce d'ores et déjà comme le laboratoire d’une nouvelle ère pour la diplomatie culturelle béninoise.
Ibourahim Abdou GIBRIL