Objectif affiché : armer les acteurs de terrain pour faire face à l’érosion progressive d’un patrimoine aussi riche que fragile, et impulser une mise en œuvre plus efficace de la politique nationale de sauvegarde dans cette aire culturelle emblématique. En effet, le lancement officiel de cette session stratégique a été présidé par Madame le Préfet de l’Atacora, Lydie Déré CHABI NAH, entourée du Directeur Général de l’Agence de Sauvegarde de la Culture des Montagnes, Blaise TCHÉTCHAO, ainsi que du Directeur Départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts Atacora-Donga. Autour d’eux, un parterre d’acteurs clés : membres du conseil scientifique, points focaux des mairies et préfectures, représentants des commissions nationales linguistiques. Une mobilisation qui traduit l’urgence et l’importance accordées à la préservation du patrimoine vivant.
Au cœur de cette initiative, une ambition claire : doter les participants d’outils techniques et conceptuels solides. Selon Blaise TCHÉTCHAO, la formation couvre des aspects essentiels tels que : les fondamentaux de la Convention de 2003 sur le patrimoine culturel immatériel, l’appropriation des concepts en français et en langues nationales, les techniques d’inventaire et de documentation, les procédures d’inscription sur les listes de l’UNESCO et les stratégies de sauvegarde adaptées aux réalités locales. Un arsenal de compétences destiné à professionnaliser les interventions et à renforcer l’efficacité des actions sur le terrain.
Rites, langues, savoir-faire artisanaux, traditions orales, expressions artistiques : le patrimoine culturel immatériel des montagnes constitue un socle identitaire majeur. Selon la définition de l’UNESCO, il s’agit d’un héritage vivant, transmis de génération en génération et profondément enraciné dans les communautés. Mais cet héritage est aujourd’hui fragilisé. Urbanisation accélérée, mutations sociales, transformation des modes de vie, déficit de documentation : autant de facteurs qui contribuent à l’effritement progressif de ces richesses culturelles. « La sauvegarde ne peut être efficace sans l’implication des communautés », a insisté Blaise TCHÉTCHAO, plaidant pour une approche participative centrée sur les détenteurs du patrimoine.
Au-delà de sa dimension culturelle, le patrimoine immatériel apparaît comme un véritable moteur de développement. Moussouloumi-Dine TRAORÉ, Directeur Départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts, a mis en lumière son rôle clé dans le développement du tourisme culturel, le renforcement de la cohésion sociale et la valorisation des savoirs endogènes. « Ce patrimoine est un marqueur d’identité et un levier stratégique pour le développement local », a-t-il souligné, appelant à un engagement accru de toutes les parties prenantes.
Madame le Préfet de l’Atacora, Lydie Déré CHABI NAH, a pour sa part insisté sur la nécessité de repositionner la culture au cœur des politiques publiques. « Le patrimoine culturel immatériel est une richesse inestimable. Il exprime notre identité, notre histoire et nos valeurs », a-t-elle affirmé, tout en déplorant le manque de documentation, de valorisation et de protection dont souffrent encore ces trésors. Elle a rappelé que l’Atacora et la Donga disposent d’un potentiel culturel exceptionnel, capable de devenir un véritable moteur d’attractivité et de développement territorial.
À Natitingou, le message est désormais clair : face aux risques d’effacement culturel, l’heure n’est plus à la contemplation, mais à l’action structurée. La bataille pour la sauvegarde du patrimoine immatériel est engagée, et elle se joue dès maintenant, au cœur des communautés.
Grant-Aniel BOLRIAN