Adjohoun, Kétou, Djidja, Aplahoué, Djakotomey, Klouékanmè, Dogbo, Lokossa, Toffo et Zè. En cinq jours, le Ministre de l’Agriculture a multiplié les étapes dans des exploitations engagées dans la phase pilote du nouveau programme. À ses côtés, le ministre conseiller Bio Guéra SACCA KINA et des représentants des organisations professionnelles agricoles ont participé aux échanges avec les producteurs. Sur les parcelles visitées, le premier élément observé concerne l’état des cultures. Dans plusieurs exploitations, notamment celles consacrées au maïs, les plants présentent un état végétatif jugé satisfaisant. Un constat qui constitue, à ce stade de la campagne, un premier indicateur favorable de la mise en œuvre du programme. Pour les responsables du dispositif, cette évolution traduit notamment une appropriation progressive des paquets technologiques et des recommandations techniques par les producteurs. La tournée permet surtout de vérifier si les différents appuis annoncés arrivent effectivement jusqu’aux exploitations et s’ils sont utilisés dans les conditions prévues.
Intrants et financement directement sur le terrain
Les producteurs rencontrés ont confirmé avoir reçu les semences et les intrants nécessaires à la conduite de leurs parcelles. Ils bénéficient également de l’accompagnement technique prévu dans le cadre du programme. À cet appui s’ajoute un financement de 50.000 FCFA par hectare au titre des fonds de campagne. La particularité du mécanisme réside dans son mode de transfert : les ressources sont versées directement sur les comptes Mobile Money des bénéficiaires. Pour le gouvernement, ce dispositif vise ainsi à rapprocher le financement des exploitants et à leur permettre de disposer de ressources au moment où les besoins de la campagne se présentent. La tournée ministérielle a également servi de cadre à des échanges directs avec les bénéficiaires. Plusieurs producteurs rencontrés ont fait part de leur satisfaction et présenté le programme comme une nouvelle forme d’accompagnement de leurs activités. Certains ont déjà formulé des attentes pour la suite : une extension rapide du dispositif à d’autres producteurs et son élargissement à d’autres spéculations agricoles. Des bénéficiaires ont par ailleurs demandé au ministre de transmettre leurs remerciements au président de la République, Romuald Wadagni, pour l’attention accordée à l’amélioration de leurs conditions de production.
Pluies et dégâts d’animaux, les préoccupations persistent
Mais les premières appréciations positives ne font pas disparaître les difficultés auxquelles les exploitants restent confrontés. Dans plusieurs localités visitées, les échanges ont notamment porté sur les aléas pluviométriques et les dégâts occasionnés par les animaux dans les champs. La question des dommages causés aux cultures par le bétail demeure particulièrement sensible dans les zones agricoles. Sur ce point, Adin Yéton BLOUKOUNON GOUBALAN a insisté sur la nécessité d’une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs. Le Ministre a également évoqué les réformes envisagées pour réduire les conflits récurrents entre ces deux catégories d’acteurs. L’enjeu est de parvenir à une meilleure organisation de leurs activités et à une coexistence plus apaisée dans lesAu terme de cette tournée, l’état des parcelles visitées fournit donc des premiers signaux favorables, sans toutefois permettre encore de tirer un bilan définitif du programme. La poursuite de la campagne et l’évolution des rendements permettront de mesurer plus précisément les effets de l’accompagnement sur la productivité et les revenus des exploitants.
Grant-Aniel BOLARIAN