La situation se dégrade dans plusieurs localités des Collines. Depuis quelques jours, la montée des eaux de l’Ouémé et de certains cours d’eau entraîne des débordements qui gagnent progressivement des espaces occupés par les populations. À Dassa-Zoumè, plusieurs zones sont particulièrement affectées. Le débordement de la rivière Akpasséré, conjugué à la montée de l’Ouémé, a provoqué des inondations dans différentes localités.
L’Akpasséré sort de son lit
À Kpingni, sur la voie de Fita, la rivière Akpasséré a quitté son lit. Les eaux se sont répandues dans les zones riveraines, affectant les espaces habituellement utilisés par les populations. La situation est également préoccupante dans l’arrondissement d’Akoffodjoulè. Le débordement de l’Ouémé a atteint plusieurs quartiers du village de Houassimi, à proximité de Bètècoucou. Cette situation intervient après plusieurs épisodes pluvieux enregistrés dans le centre du pays. Les services météorologiques avaient notamment annoncé, pour la fin septembre, un risque de fortes pluies dans les Collines et le Zou, particulièrement sur l’axe allant de Bassila à Dassa-Zoumè.
Des centaines d’hectares de cultures sous les eaux
L’agriculture paie déjà un lourd tribut à cette montée des eaux. Plusieurs centaines d’hectares de cultures vivrières sont affectés. À Igoho et dans d’autres villages, des producteurs voient leurs parcelles envahies par les eaux. Maïs, manioc, piment et niébé figurent parmi les cultures touchées. Pour ces agriculteurs, le risque est considérable. Après plusieurs semaines de travail et d’investissement, l’immersion prolongée des parcelles menace directement les récoltes et, par conséquent, les revenus des ménages agricoles. La situation est d’autant plus sensible que l’agriculture demeure une activité essentielle dans ces localités. Chaque perte de récolte peut avoir des répercussions sur l’alimentation des familles et leurs capacités financières pour la suite de la campagne.
Des habitations également touchées
Les eaux n’épargnent pas non plus les habitations. Dans certaines zones, elles ont pénétré dans les maisons. D’autres habitations auraient subi des dommages plus importants, avec des cas de maisons endommagées ou emportées rapportés dans les zones affectées. Les populations riveraines doivent ainsi composer avec la progression des eaux et les difficultés qu’elle entraîne pour les déplacements et les activités quotidiennes.
Le bétail exposé
Les éleveurs sont également concernés par la montée des eaux. L’inondation des espaces de pâturage et la réduction des zones accessibles compliquent les conditions d’élevage. Des pertes de bétail sont déjà signalées chez certains éleveurs, venant alourdir les conséquences économiques de la crue. Dans les localités touchées, les dommages concernent donc à la fois les habitations, les exploitations agricoles et les activités d’élevage.
Une vigilance renforcée
La montée des eaux intervient durant une période où le bassin de l’Ouémé est particulièrement exposé aux phénomènes de crue. Une étude publiée en juillet 2026 sur la variabilité des périodes critiques dans le bassin indique que la période d’inondation peut s’étendre jusqu’au début du mois de novembre, avec une activité plus marquée entre la mi-août et la fin octobre. Dans les Collines, l’enjeu immédiat reste désormais la protection des populations et la limitation des pertes. Les producteurs dont les parcelles sont immergées voient leurs moyens de subsistance directement menacés, tandis que les familles installées dans les zones basses restent exposées à une nouvelle progression des eaux.
La crue de l’Ouémé rappelle ainsi, dans les localités concernées, la vulnérabilité persistante des populations riveraines face aux épisodes de fortes pluies et aux débordements des cours d’eau.
Grant-Aniel BOLARIAN