Au cœur de cette dynamique, l’encadrement de l’expertise mise à disposition des sénateurs se précise, notamment à travers les balises fixées pour s'entourer des meilleurs profils lors de l'examen des textes législatifs.
L’expertise au service du bicamérisme
Instauré dans le cadre de la récente architecture institutionnelle du pays, le Sénat ne veut pas seulement faire office de chambre de réflexion ou de régulation politique ; il entend frapper par la rigueur technique de son travail législatif.
Selon les dispositions régissant son fonctionnement, une liste officielle baptisée « Experts agréés près le Sénat » est instituée. Son objectif principal : épauler les sénateurs dans l’étude approfondie des lois votées en première lecture par l’Assemblée nationale. Une manière de s'assurer que chaque disposition passe au crible d'une analyse rigoureuse avant son adoption définitive par le Parlement bicaméral.
Compétence, intégrité et ouverture
Pour figurer sur cette liste convoitée, les critères se veulent stricts. La sélection repose sur un quatuor d’exigences : compétence, indépendance, intégrité et pluralisme. Les candidats retenus le sont pour une période de trois ans renouvelables.
Le profil recherché ratisse large : spécialistes des domaines socio-économiques, culturels, juridiques ou encore politiques. Si la préférence nationale est clairement affirmée l’agrément s'adressant en priorité aux citoyens béninois, le texte prévoit toutefois une soupape de sécurité institutionnelle. En l’absence de compétences locales spécifiques du niveau requis pour des dossiers pointus, le Sénat s'autorise à faire appel à des experts internationaux.
Une décision souveraine du Bureau.
Au terme du processus, c'est par une décision officielle du Bureau du Sénat que la liste définitive des experts habilités est arrêtée.
Alors que la jeune institution prend peu à peu ses marques dans le paysage démocratique national, l'operationalisation de ce vivier d'experts témoigne de la volonté de professionnaliser le travail parlementaire. Le compte à rebours est lancé pour doter le Sénat des meilleurs cerveaux du pays.
Ibourahim Abdou GIBRIL