Le compte à rebours est lancé. À quatre semaines du BEPC et à un mois du Baccalauréat, le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle tape du poing sur la table. Dans une note adressée aux directeurs départementaux, l’administration centrale dénonce une pratique devenue « habituelle » : l’abandon progressif des classes par les candidats dès que les dossiers d’inscription sont bouclés.
Signé au nom de la ministre par le secrétaire général du ministère, le document dresse un constat sans détour. « Plusieurs élèves, après le dépôt des dossiers de candidature, disparaissent progressivement des salles de classe pour se consacrer à des activités sans lien avec les études », lit-on. Cours privés informels, petits commerces, repos anticipé : les motifs varient, mais le résultat est le même. Des établissements se vident partiellement dès la mi-mai, alors que les programmes ne sont pas achevés et que la phase intensive de révision commence.
Pour le ministère, cette désertion compromet deux objectifs. D’abord, la réussite individuelle des candidats, privés des derniers réglages pédagogiques, des épreuves blanches et des conseils méthodologiques. Ensuite, l’ambition nationale de « formation de capital humain de qualité », érigée en priorité dans le Programme d’action du gouvernement.
Le communiqué est clair : les candidats au BEPC et au Baccalauréat doivent « rester présents en classe jusqu’à la fin des compositions ». Les chefs d’établissement sont instruits de poursuivre les cours, les travaux dirigés et les évaluations formatives jusqu’à la veille des examens. Les absences doivent être relevées et signalées.
Pour faire appliquer la mesure, le ministère mise sur une chaîne de responsabilité. Les directeurs départementaux sont appelés à collaborer avec les censeurs, les surveillants généraux, les associations de parents d’élèves et les élus locaux. Objectif : intensifier la sensibilisation dans les collèges, lycées et centres de formation technique pour ramener les candidats sur les bancs.
La note rappelle les dates de la session 2026, déjà communiquées en début d’année scolaire :
- BEPC: du lundi 8 au mercredi 10 juin 2026
- Baccalauréat: du lundi 15 au jeudi 18 juin 2026
Plus de 200 000 candidats sont attendus au BEPC et près de 80 000 au Bac sur l’ensemble du territoire. Le ministère redoute qu’un taux élevé d’absentéisme en mai ne pèse sur les résultats de juin et ne creuse les inégalités entre établissements.
Un enjeu de performance et d’équité
Les dernières semaines de l’année scolaire sont stratégiques. Elles permettent de boucler les chapitres restants, de corriger les lacunes révélées par les devoirs départementaux et de mettre les élèves en condition d’examen. Les enseignants soulignent que les candidats qui désertent ratent aussi les ultimes séances de coaching sur la gestion du temps, la présentation des copies et la lutte contre le stress.
Si les syndicats d’enseignants saluent généralement ce type de rappel, ils demandent aussi que les conditions d’apprentissage soient réunies : effectifs maîtrisés, supports pédagogiques disponibles, électricité dans les salles pour les révisions tardives. Côté parents, l’appel du ministère est perçu comme un soutien pour garder les adolescents concentrés à l’approche des épreuves.
À un mois du BEPC, le message du gouvernement tient en une phrase : l’examen se gagne en classe, pas dehors. Les autorités éducatives comptent sur la mobilisation de tous les acteurs pour que la session
Ibourahim Abdou Gibril