Dans un communiqué, le directeur général de la SFA, Ian Maxwell, a confirmé la position de la fédération écossaise : « La Fédération écossaise de football ne votera pas pour Gianni Infantino. Cette décision est conforme à la position de l’UEFA, et nous l’avons maintenue tout au long de cette période. » Avec cette décision, l’Écosse rejoint l’Angleterre, l’Irlande et le pays de Galles, qui ont également annoncé leur intention de ne pas apporter leur soutien à Infantino. Un front de contestation se dessine ainsi parmi plusieurs fédérations britanniques et européennes, à quelques mois du prochain scrutin présidentiel de la FIFA.
La défiance s’est notamment accentuée après la publication, la semaine dernière, d’une lettre ouverte signée par trois confédérations continentales. Les signataires ont accusé Gianni Infantino de « tromperie » concernant son projet d’ouvrir davantage la Coupe du monde à des investisseurs privés. Pour Ian Maxwell, les difficultés actuelles ne se limitent toutefois pas à ce dossier. Le responsable écossais estime que la gouvernance de l’instance mondiale est également en cause. « Lorsqu’on est administrateur dans le football, on ne devrait pas être autant sous les projecteurs que ce que nous avons vu », a-t-il déclaré, évoquant « un échec de gouvernance, un manque de transparence et un manque de communication avec les associations membres ». La SFA réclame ainsi une évolution des pratiques au sein de l’instance dirigeante du football mondial. « La transparence et la gouvernance doivent changer », a insisté Ian Maxwell, tout en précisant que les modalités de cette réforme font encore l’objet de discussions.
La prise de position de la Fédération Écossaise intervient dans un contexte particulier. Son président, Mike Mulraney, exerce actuellement la présidence du comité des finances de la FIFA. Alors que Gianni INFANTINO prépare sa candidature à un nouveau mandat, l’élargissement de la contestation européenne constitue un signal politique important. Le Président de la FIFA devra désormais chercher à restaurer la confiance d’une partie des associations membres et à convaincre au-delà de l’Europe.
À moins d’un an du prochain congrès, la bataille pour la présidence de la FIFA se joue donc déjà sur un autre terrain que celui des seuls résultats sportifs : celui de la gouvernance, de la transparence et de la confiance entre l’instance mondiale et ses fédérations membres.
Cadnel ADEBAYO