Plus festive, plus innovante et résolument tournée vers l’international, l’édition 2026 du Finab entend transformer Cotonou en une véritable scène géante de l’expression artistique africaine. Placée sous le thème « Les industries culturelles et créatives : levier de diversité culturelle, de coopération et de paix », cette quatrième édition mettra particulièrement en lumière la mode, aux côtés de la musique, des arts visuels, de la performance et des rencontres professionnelles. En effet, les grandes lignes du festival ont été dévoilées jeudi 6 février à Cotonou lors d’une conférence de presse marquant le lancement officiel de l’événement. Porté par Empire Événementiel, filiale du groupe Empire, avec l’appui du gouvernement du Bénin et de nombreux partenaires nationaux et internationaux, le Finab confirme sa montée en puissance dans le paysage culturel ouest-africain.
Revenant sur la genèse du festival, son promoteur Ulrich Adjovi a rappelé que le Finab est né d’une frustration partagée lors d’une rencontre sous-régionale d’acteurs culturels, où chaque pays présentait son grand festival… sauf le Bénin. « Nous n’avions pas de mots, nous n’avions pas de festival. C’est de cette frustration qu’est né le Finab », a-t-il confié. En moins d’un an, le projet a pris forme avant d’être adopté par les artistes et le public. Aujourd’hui, le FINaB se veut une plateforme de valorisation des talents béninois et africains, un espace où la création locale dialogue avec les expressions artistiques du monde. « Le FINaB est une opportunité que le Bénin se donne pour mettre ses artistes en lumière », a souligné Ulrich Adjovi, insistant sur l’appropriation collective de l’événement. Fidèle à sa vocation Panafricaine et internationale, le FINaB 2026 célèbrera la coopération à travers des journées dédiées à plusieurs pays partenaires, notamment le Nigeria, le Togo, le Liban et le Maroc. Ces séquences mettront en avant les proximités culturelles, les échanges artistiques et les collaborations créatives entre nations. Souhaitant une édition plus festive et populaire, les organisateurs annoncent également des innovations ludiques, dont une chasse aux trésors à travers Cotonou. Trente masques officiels du festival ont été dissimulés dans la ville, offrant aux découvreurs la possibilité de remporter jusqu’à un million de francs CFA, renforçant ainsi l’appropriation citoyenne de l’événement.
Pour le Directeur Artistique du Festival, Aristide AGONDANOU, la force du FINaB réside dans sa capacité à proposer une lecture contemporaine de l’art béninois, enracinée dans les valeurs locales tout en s’inscrivant dans les standards internationaux. Comparant le festival au marché Dantokpa, « organisé derrière une apparente effervescence », il a insisté sur la rigueur artistique et scientifique qui structure la programmation. Panels, conférences et rencontres professionnelles permettront d’aborder les défis de structuration des industries culturelles et créatives, d’identifier les freins à l’émergence des artistes et de proposer des solutions durables en cohérence avec la politique culturelle nationale. « Nous voulons construire un environnement culturel fort. Le Bénin doit étonner et surpasser », a-t-il affirmé. Thématique centrale de cette quatrième édition, la mode a été saluée comme un puissant levier d’expression identitaire et de développement économique. Représentant les créateurs béninois, Félicien Casterman a souligné son rôle transversal dans l’univers culturel. « La mode commence avant tout et finit après tout », a-t-il déclaré, assurant de la mobilisation totale des stylistes et designers pour offrir des créations à la hauteur de l’événement. Aux côtés de la mode, la musique occupera une place de choix à travers concerts, performances hybrides et collaborations artistiques inédites, illustrant la vitalité des filières créatives africaines.
Au nom des partenaires institutionnels, William CODJO, Directeur de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), a justifié l’accompagnement du Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FDAC) par la pertinence de la vision portée par le FINaB. Il a notamment insisté sur la nécessité de bâtir des modèles économiques viables pour garantir la durabilité des initiatives culturelles. Qualifiant le festival de « bébé né avec les dents », il a salué sa maturité précoce tout en appelant à maintenir un haut niveau de professionnalisme pour accompagner son évolution vers un rendez-vous culturel de référence continentale.
À travers cette quatrième édition, le FINaB ambitionne de consolider la place du Bénin comme terre de culture, de dialogue interculturel et d’innovation artistique. Pendant dix jours, Cotonou se veut un pont entre l’Afrique et le monde, où les arts deviennent des vecteurs d’identité, de coopération et de paix, au service du rayonnement culturel du continent.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU