Le dossier remonte au mois d’août 2024. Steve AMOUSSOU avait été interpellé à Lomé, au Togo, avant d’être conduit au Bénin. Les conditions de cette interpellation et de son transfert vers Cotonou avaient suscité de nombreuses réactions et alimenté le débat public dans les deux pays. À son arrivée au Bénin, il avait été placé en détention provisoire dans le cadre d’une procédure engagée devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Au cours de la procédure judiciaire, plusieurs faits avaient été reprochés à Steve AMOUSSOU, notamment le harcèlement par voie électronique, l’initiation et la publication de fausses nouvelles ainsi que la provocation directe à la rébellion. La justice béninoise le présentait également comme l’auteur se cachant derrière le pseudonyme « Frère Hounvi », un personnage très suivi sur les réseaux sociaux pour ses prises de position particulièrement critiques à l’égard du pouvoir béninois. Cette identification avait toutefois été contestée par la défense. L’avocat de Steve AMOUSSOU avait notamment soutenu que l’accusation n’avait pas suffisamment établi que son client était effectivement la personne utilisant ce pseudonyme.
À l’issue de la procédure, la CRIET avait condamné Steve AMOUSSOU, le 2 juin 2025, à deux ans de prison ferme ainsi qu’à une amende. La décision rendue en première instance avait ensuite été confirmée en appel le 15 décembre 2025. La peine de deux ans d’emprisonnement ferme avait ainsi été maintenue, de même que l’amende fixée à deux millions de francs CFA. Après plusieurs mois de détention, Steve AMOUSSOU arrive donc au terme de sa condamnation. Sauf modification de dernière minute dans les modalités de sa libération, il doit recouvrer sa liberté ce jeudi 20 août 2026. Au-delà de la condamnation judiciaire, l’affaire Steve Amoussou a suscité un important débat sur la liberté d’expression, l’utilisation des réseaux sociaux et les limites de la liberté de critique dans l’espace public. Les circonstances de son interpellation à Lomé et de son transfert au Bénin ont également fait l’objet d’interrogations. Des organisations et acteurs de la société civile avaient exprimé des préoccupations relatives au respect de ses droits dans le cadre de cette affaire.
La libération de Steve AMOUSSOU marque ainsi une nouvelle étape dans un dossier qui aura durablement retenu l’attention au Bénin et au Togo. Elle intervient après l’épuisement de la peine prononcée par la justice béninoise et met un terme à sa période de détention, sans pour autant effacer les nombreux débats que cette affaire a suscités autour de la justice, de la liberté d’expression et de l’usage des plateformes numériques dans la vie politique.
Cadnel ADEBAYO