De nouveaux marchés dans le viseur
L’expansion de la filière passe également par l’ouverture de nouveaux débouchés. Dans cette perspective, l’amélioration de la chaîne du froid à l’aéroport de Cotonou constitue un dispositif important pour faciliter l’acheminement de l’ananas frais vers les marchés extérieurs. La Chine figure désormais parmi les marchés ciblés. De premières expéditions vers ce pays sont annoncées avant la fin de l’année, ouvrant ainsi une nouvelle perspective pour les producteurs et les opérateurs de la filière. Dans cette stratégie d’expansion, la variété « Pain de sucre » occupe une place particulière en raison de ses qualités gustatives. Elle constitue l’une des principales variétés valorisées dans la production destinée aux marchés, alors que l’ananas figure désormais parmi les filières prioritaires retenues pour accroître les exportations béninoises, aux côtés notamment du coton et de l’acajou.
Une filière qui pèse dans l’économie agricole
Au-delà des ambitions commerciales, l’ananas représente un secteur important pour l’économie agricole béninoise. La production annuelle est estimée à environ 450 000 tonnes. La filière contribuerait ainsi à hauteur de 1,2 % au Produit intérieur brut national et de 2 % au PIB agricole. Son importance se mesure également au nombre d’acteurs qui en dépendent. Des milliers de producteurs sont engagés dans cette activité, particulièrement dans le département de l’Atlantique, notamment dans les communes d’Allada, de Zè et de Tori-Bossito. La transformation constitue par ailleurs un autre maillon de la chaîne de valeur. Plus de 70 petites et moyennes entreprises interviennent dans la transformation de l’ananas en jus, fruits séchés et autres produits dérivés. Cette activité permet d’élargir les possibilités de valorisation de la production et de réduire la dépendance à la commercialisation du fruit frais.
Le défi de la durabilité
Avec la forte progression enregistrée en 2026 et l’objectif de 12 000 tonnes à l’export, la filière ananas entre dans une nouvelle phase de développement. L’enjeu consiste désormais à inscrire cette croissance dans la durée et à transformer l’augmentation des volumes en une présence régulière et durable de l’ananas béninois sur les marchés internationaux. La consolidation de la qualité, le renouvellement des plantations, l’amélioration de la logistique et l’ouverture de nouveaux marchés apparaissent ainsi comme autant de leviers pour accompagner cette ambition.
Pour le Bénin, le défi est désormais de faire de la progression des exportations un moteur durable de création de valeur pour les producteurs, les transformateurs et l’ensemble des acteurs de la chaîne.
Léonel ÉBO