FILIÈRE ANANAS À L'ASSAUT DES MARCHÉS INTERNATIONAUX:  Le Bénin veut quadrupler ses exportations, cap sur 12 000 tonnes

FILIÈRE ANANAS À L'ASSAUT DES MARCHÉS INTERNATIONAUX:

Le Bénin veut quadrupler ses exportations, cap sur 12 000 tonnes

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Après une hausse de 96,4 % des volumes commercialisés au premier semestre, la filière vise 12 000 tonnes d’ananas frais exportées en 2026, avec la chine parmi les nouveaux marchés ciblés)  La filière ananas béninoise franchit un nouveau palier sur le marché de l’exportation. Au premier semestre 2026, les volumes commercialisés ont progressé de 96,4 %, confirmant la dynamique engagée depuis plusieurs années pour renforcer la production, améliorer la qualité et diversifier les débouchés. Pour cette année, le Bénin ambitionne désormais d’exporter 12 000 tonnes d’ananas frais, contre 2 700 tonnes en 2023. Cette progression traduit la montée en puissance d’une filière considérée comme stratégique dans la politique de diversification des exportations agricoles. À travers le Projet d’appui à la compétitivité des filières et à la diversification des exportations (PACOFIDE), les efforts portent notamment sur le renouvellement des plantations et l’amélioration des capacités de production. L’objectif est de disposer de volumes suffisants pour répondre à la demande des marchés tout en maintenant les exigences de qualité. Sur le plan sanitaire, les résultats enregistrés témoignent également des progrès réalisés. Les contrôles effectués récemment font ressortir un taux de conformité proche de 99,9 %. Un niveau qui constitue un élément important dans la conquête et la consolidation des marchés internationaux, où les exigences relatives à la qualité et à la sécurité des produits agricoles sont particulièrement élevées.

De nouveaux marchés dans le viseur

L’expansion de la filière passe également par l’ouverture de nouveaux débouchés. Dans cette perspective, l’amélioration de la chaîne du froid à l’aéroport de Cotonou constitue un dispositif important pour faciliter l’acheminement de l’ananas frais vers les marchés extérieurs. La Chine figure désormais parmi les marchés ciblés. De premières expéditions vers ce pays sont annoncées avant la fin de l’année, ouvrant ainsi une nouvelle perspective pour les producteurs et les opérateurs de la filière. Dans cette stratégie d’expansion, la variété « Pain de sucre » occupe une place particulière en raison de ses qualités gustatives. Elle constitue l’une des principales variétés valorisées dans la production destinée aux marchés, alors que l’ananas figure désormais parmi les filières prioritaires retenues pour accroître les exportations béninoises, aux côtés notamment du coton et de l’acajou.

 

Une filière qui pèse dans l’économie agricole

 Au-delà des ambitions commerciales, l’ananas représente un secteur important pour l’économie agricole béninoise. La production annuelle est estimée à environ 450 000 tonnes. La filière contribuerait ainsi à hauteur de 1,2 % au Produit intérieur brut national et de 2 % au PIB agricole. Son importance se mesure également au nombre d’acteurs qui en dépendent. Des milliers de producteurs sont engagés dans cette activité, particulièrement dans le département de l’Atlantique, notamment dans les communes d’Allada, de Zè et de Tori-Bossito. La transformation constitue par ailleurs un autre maillon de la chaîne de valeur. Plus de 70 petites et moyennes entreprises interviennent dans la transformation de l’ananas en jus, fruits séchés et autres produits dérivés. Cette activité permet d’élargir les possibilités de valorisation de la production et de réduire la dépendance à la commercialisation du fruit frais.

 

Le défi de la durabilité

 Avec la forte progression enregistrée en 2026 et l’objectif de 12 000 tonnes à l’export, la filière ananas entre dans une nouvelle phase de développement. L’enjeu consiste désormais à inscrire cette croissance dans la durée et à transformer l’augmentation des volumes en une présence régulière et durable de l’ananas béninois sur les marchés internationaux. La consolidation de la qualité, le renouvellement des plantations, l’amélioration de la logistique et l’ouverture de nouveaux marchés apparaissent ainsi comme autant de leviers pour accompagner cette ambition.

 Pour le Bénin, le défi est désormais de faire de la progression des exportations un moteur durable de création de valeur pour les producteurs, les transformateurs et l’ensemble des acteurs de la chaîne.

 

Léonel ÉBO

 

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Brice HAL

2 jours

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