Membre du Conseil de Paix et de Sécurité depuis son élection, le 11 février dernier, pour un mandat de deux ans couvrant la période 2026-2028, le Bénin s'apprête ainsi à prendre la présidence de l'organe chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits sur le continent. Cette responsabilité intervient dans un contexte marqué par la persistance des défis sécuritaires en Afrique, notamment l'expansion de la menace terroriste dans le Sahel et vers les pays côtiers du golfe de Guinée, ainsi que par les transitions politiques en cours dans plusieurs États. La présidence béninoise du CPS coïncidera avec l'ouverture de la 81ᵉ session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, prévue en septembre à New York. Cette convergence offrira au Bénin une tribune pour porter les priorités sécuritaires du continent et renforcer les échanges entre l'Union africaine et les Nations unies sur les questions relatives à la paix, à la sécurité et au financement des opérations africaines de maintien de la paix.
À Addis-Abeba, les échanges entre Corinne Amori BRUNET et Mahmoud Ali YOUSSOUF ont également permis d'aborder les modalités pratiques de cette présidence. Au-delà de la conduite des réunions, le pays appelé à diriger le Conseil est chargé de coordonner les travaux, de proposer l'ordre du jour des sessions et de favoriser la recherche de consensus entre les États membres sur les principaux dossiers sécuritaires. Pour le Bénin, cette responsabilité s'inscrit dans la dynamique de renforcement de sa présence diplomatique au sein des organisations multilatérales africaines. Elle traduit la volonté des autorités béninoises de contribuer davantage aux efforts collectifs de prévention des crises, de promotion de la stabilité et de consolidation de la paix sur le continent.
L'exercice de cette présidence, bien que limité dans le temps, constituera un moment important pour la diplomatie béninoise. Il permettra au pays de mettre en avant son approche fondée sur le dialogue, la concertation et la recherche de solutions consensuelles face aux défis sécuritaires qui continuent de marquer l'actualité africaine.
Léonel ÉBO