C'est une onde de choc qui a secoué les utilisateurs de services numériques à travers le pays. Du jour au lendemain, les abonnés se sont retrouvés confrontés à une modification substantielle de l'offre commerciale des opérateurs mobiles. En cause : la disparition pure et simple des forfaits dits « illimités » d'entrée de gamme, fixés à 5 000 et 10 000 francs CFA.
Pour maintenir un volume de connexion équivalent sur le mois, les usagers doivent désormais se tourner vers des alternatives dont le tarif minimal s'élève à 15 100 francs CFA. Une hausse brutale de près de 50 % pour la formule la plus proche, perçue par de nombreux citoyens comme un coup dur asséné à leur pouvoir d'achat dans un contexte socio-économique déjà exigeant.
L’ARCEP face aux exigences réglementaires et sociales.
Saisie par la clameur publique et la détresse des usagers, l’ARCEP est montée au créneau pour rappeler les règles du jeu qui encadrent le secteur. L'institution de régulation a tenu à préciser que les grilles tarifaires actuellement appliquées par les opérateurs s'inscrivent dans le strict respect des décisions en vigueur, lesquelles fixent les planchers et les plafonds tarifaires à ne pas dépasser.
Cependant, consciente de la vive tension sociale engendrée par cette transition, l'autorité de régulation a choisi la carte de l'apaisement. L'audience accordée ce mercredi aux défenseurs des usagers visait avant tout à examiner minutieusement leurs griefs, à écouter leurs revendications et à explorer les pistes permettant de concilier les exigences économiques du marché et l'accessibilité financière du numérique pour le plus grand nombre.
Le gouvernement joue la carte de l'équilibre
Interpellé sur cette crise tarifaire qui enflamme le débat public, l’exécutif a tenu à clarifier sa position par la voix du ministre et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji.
Le gouvernement a tenu à rappeler qu'il ne lui appartient pas de fixer directement les tarifs des prestations commerciales pratiquées par les entreprises privées de téléphonie mobile. Néanmoins, l'État réaffirme sa mission de garant de l'intérêt général. Son rôle consiste à veiller scrupuleusement à l'équilibre tripartite entre le développement indispensable des infrastructures numériques nationales, la viabilité financière et la santé du secteur des télécoms, et enfin la préservation impérative du pouvoir d'achat des citoyens.Alors que les discussions se poursuivent entre l'organe de régulation et les associations faîtières, les abonnés, quant à eux, demeurent dans l'attente de mesures concrètes capables d'alléger le coût de la connectivité, devenue aujourd'hui un outil de travail et de vie incontournable.
Ibourahim Abdou GIBRIL