Dans un arrêté signé le 5 août 2026, la mairie fixe notamment le calendrier des cérémonies dans les arrondissements de Sakété 1, Sakété 2, Aguidi, Ita-Djèbou, Yoko et Takon. Le dispositif vise à permettre le déroulement des activités cultuelles tout en préservant la circulation, la sécurité des personnes et des biens ainsi que la tranquillité publique. La célébration débutera officiellement le 16 août à 16 heures, avec une cérémonie d’ouverture prévue devant les forêts sacrées des différents arrondissements concernés. Plusieurs journées de fermeture sont ensuite programmées en fonction des différentes étapes de la célébration. À Sakété 1, Sakété 2, Aguidi et Ita-Djèbou, une deuxième fermeture est prévue le 18 août, tandis que les arrondissements de Yoko et Takon sont concernés le 19 août. Une troisième séquence est annoncée le 22 août dans plusieurs zones, avec un calendrier spécifique pour Yoko et Takon, où elle interviendra le 25 août. Une quatrième fermeture est enfin prévue le 2 septembre, avec des dispositions particulières concernant certains villages de Takon. Ce calendrier doit permettre aux autorités et aux populations de mieux anticiper les perturbations susceptibles d'être liées aux cérémonies.
La Mairie encadre également les manifestations qui se déroulent durant la nuit. Selon l'arrêté, celles-ci sont autorisées de minuit à 4 heures du matin. Une restriction particulière est cependant imposée à Takon Centre, où l'arrêté municipal indique que toute manifestation liée au culte Oro est interdite dans les villages concernés. À côté du calendrier du Oro, les manifestations liées aux coutumes Efè sont annoncées du 5 au 7 septembre 2026 sur l'ensemble du territoire communal. La Mairie soumet également la participation aux cérémonies à certaines formalités. Un frais d'autorisation de 10 000 FCFA par forêt doit être acquitté au préalable. Cette obligation financière s'ajoute au respect des normes et prescriptions établies par les dignitaires. Le non-respect de l'une des conditions fixées peut entraîner l'interdiction de participer aux cérémonies. La responsabilité du bon déroulement des manifestations est notamment confiée à l'Association des Adeptes du Culte Oro de Sakété (AACO). Celle-ci devra prendre les dispositions nécessaires afin d'éviter que les cérémonies ne perturbent durablement la vie de la commune. Parmi les principales obligations figure la nécessité de maintenir libres les grandes artères, les voies publiques ainsi que les axes inter-États traversant la commune. Les organisateurs doivent également veiller à préserver l'accès et la sécurité des résidences officielles, services publics, établissements scolaires, centres de santé et lieux de culte des autres confessions.
L'arrêté appelle par ailleurs les participants au respect des personnes et des autres religions, avec interdiction de provoquer leurs fidèles ou de perturber leurs jours de culte. La Mairie demande surtout à l'AACO de prévenir tout acte de banditisme, de vandalisme, de violence, de bagarre ou de règlement de compte durant les cérémonies. La réglementation concerne aussi les nuisances sonores. Les manifestations bruyantes sont interdites en dehors des jours consacrés au culte des autres confessions. Une tolérance est toutefois prévue le vendredi et le dimanche : des bruits modérés peuvent être enregistrés entre 8 heures et 13 heures. Les organisateurs et participants sont également invités à prendre toutes les précautions nécessaires pour prévenir les accidents et autres incidents susceptibles de survenir pendant les différentes séquences de la célébration.
En définitive, la Mairie de Sakété entend ainsi encadrer la célébration du culte Oro sans laisser de zone d'ombre sur les conditions de son déroulement. Le dispositif établit à la fois un calendrier précis, des horaires, des restrictions géographiques et des obligations destinées aux organisateurs et aux participants. La Mairie rappelle enfin l'interdiction de détenir ou de transporter certains objets susceptibles de troubler l'ordre public. Toute personne reconnue responsable ou complice d'un trouble s'expose aux sanctions prévues par la législation en vigueur.
Pour cette édition 2026, l'enjeu sera donc double : permettre l'expression d'une pratique cultuelle et culturelle profondément ancrée dans les traditions locales, tout en garantissant la sécurité, la libre circulation et la coexistence pacifique avec les autres composantes de la communauté.
Léonel ÉBO