L’annonce a été faite le 15 mai dernier à l’occasion d’un Atelier d’Appropriation du Nouveau Référentiel des Masters, présidé par le Premier Vice-recteur chargé des Affaires Académiques, le Professeur Tahirou DJARA. Au cœur de cette réforme figure le transfert définitif des formations de master des écoles doctorales vers les facultés, écoles et instituts de l’université. Désormais, les différentes Unités de formation et de recherche deviendront les principaux pôles de conception et de gestion des programmes de master, sur la base d’un référentiel harmonisé adopté comme cadre méthodologique unique. Cette restructuration, engagée sous l’ancienne équipe rectorale et poursuivie par le Recteur Charlemagne Babatoundé IGUÉ, vise à mettre fin aux cloisonnements académiques qui distinguaient jusque-là les parcours dits « professionnels » des parcours « recherche ».
À partir de 2026-2027, les mentions « master professionnel » et « master recherche » disparaîtront donc officiellement des intitulés de diplômes. Chaque programme devra désormais intégrer simultanément des compétences scientifiques, des compétences pratiques et professionnelles, des compétences numériques ainsi que des aptitudes transversales adaptées aux nouvelles exigences du monde du travail. Pour les autorités universitaires, cette évolution répond à une nécessité stratégique : rendre les parcours plus lisibles, plus attractifs et davantage compatibles avec les standards internationaux du système Licence-Master-Doctorat (LMD). Le Professeur Tahirou DJARA présente cette réforme comme un instrument de modernisation destiné à renforcer la qualité académique, l’employabilité des diplômés et la compétitivité internationale de l’université béninoise.
Vers des formations plus hybrides et plus adaptées)
L’une des innovations majeures du nouveau dispositif concerne l’accès aux études doctorales. Désormais, tous les titulaires d’un master pourront prétendre à une inscription en doctorat, indépendamment de l’orientation initiale de leur formation. Des modules complémentaires pourront toutefois être exigés selon les profils et les exigences des comités d’évaluation scientifique. Cette mesure marque une rupture importante avec l’ancien système, souvent critiqué pour la rigidité des passerelles entre formations professionnelles et recherche académique. L’UAC semble ainsi vouloir promouvoir une approche plus flexible des parcours universitaires, adaptée aux mutations contemporaines du savoir et de l’emploi.
Cette réforme réduit cependant considérablement le champ d’action des dix écoles doctorales de l’université. Celles-ci devront désormais se repositionner autour de formations qualifiantes, de spécialisation et de partenariats économiques. Une orientation déjà amorcée avec l’accord signé en février 2026 entre l’UAC et la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin. L’objectif affiché est clair : rapprocher davantage l’université du secteur productif et renforcer la contribution de la recherche au développement économique national.
À travers cette réforme, l’Université d’Abomey-Calavi affiche sa volonté de s’adapter aux nouveaux défis de l’enseignement supérieur africain. Face à la concurrence internationale, aux attentes croissantes des étudiants et aux exigences du marché de l’emploi, les universités africaines sont aujourd’hui poussées à repenser leurs modèles pédagogiques. Le pari de l’UAC consiste désormais à construire une formation universitaire moins cloisonnée, plus professionnalisante et capable de produire des diplômés à la fois compétents scientifiquement et opérationnels sur le terrain. Reste à savoir si cette réforme ambitieuse saura produire les résultats attendus en matière de qualité académique, d’insertion professionnelle et de rayonnement international
Léonel EBO