À travers cette réforme, les autorités sanitaires béninoises entendent mettre fin aux pratiques tarifaires disparates, limiter les risques de spéculation sur les médicaments et instaurer davantage de transparence dans la facturation des soins aux patients. Dans le secteur privé, la décision encadre désormais avec précision les conditions de cession des produits pharmaceutiques. Les officines de pharmacie sont autorisées à accorder aux formations sanitaires privées une remise plafonnée à 8 % sur les produits de santé. En revanche, lorsqu’une clinique ou un centre de santé privé s’approvisionne directement auprès d’un grossiste répartiteur, public ou privé, aucune remise ne peut être appliquée. Les achats devront obligatoirement être effectués au prix public réglementé. Autre mesure majeure introduite par l’ABMED : l’interdiction formelle faite aux formations sanitaires privées de réaliser des bénéfices sur les médicaments revendus aux patients. Les établissements concernés devront désormais céder les produits de santé sans appliquer de marge bénéficiaire. Les prix des médicaments devront en outre apparaître de manière détaillée sur les factures de soins afin de garantir une meilleure lisibilité des coûts supportés par les usagers.
À travers cette exigence de transparence, l’Agence entend lutter contre les pratiques de surfacturation souvent dénoncées dans certaines structures sanitaires privées et renforcer la protection économique des patients. Dans le secteur public également, les règles sont clarifiées. Les pharmacies à usage intérieur des formations sanitaires publiques devront s’approvisionner prioritairement auprès du grossiste répartiteur public. Toutefois, une dérogation pourra être accordée par l’ABMED pour permettre un approvisionnement auprès des grossistes privés lorsque les circonstances l’exigent. Dans ce cas précis, une remise de 13 % sera appliquée au bénéfice des structures sanitaires publiques concernées. Par cette décision, l’ABMED affiche sa volonté de mieux réguler la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique nationale, dans un contexte marqué par les défis liés à l’accessibilité financière des médicaments et à la maîtrise des dépenses de santé.
Cette réforme traduit également l’ambition des autorités sanitaires béninoises de renforcer la gouvernance du secteur pharmaceutique, d’assainir les pratiques commerciales et de garantir aux populations un accès plus équitable et plus transparent aux produits de santé.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU