Dès les premières interventions, les conseils de la partie civile ont fait part de leurs préoccupations face à certains éléments développés par le parquet. Me Olga ANASSIDÉ, avocate de la famille DANGNIVO, a exprimé son malaise à l’entame de sa prise de parole, estimant avoir découvert, à travers les réquisitions du ministère public, des éléments qui lui donnent le sentiment d’être face à « un tout nouveau dossier ». L’avocate s’est notamment interrogée sur certaines affirmations avancées au cours des réquisitions. Revenant sur les déclarations du parquet selon lesquelles AKON Isidore et Codjo Cossi ALOFA auraient assassiné DANGNIVO dans le lit d’Alofa, elle a demandé sur quelles bases ces conclusions avaient été établies. « D’où est-ce qu’il tire ces éléments ? », s’est-elle interrogée, tout en rappelant son engagement aux côtés de la famille de la victime. Pour Me ANASSIDÉ, la question centrale demeure celle de la manifestation de la vérité dans une affaire qui continue de susciter une forte attente au sein de l’opinion publique béninoise.
Du côté de la défense, les Avocats ont également exprimé leurs réserves sur plusieurs points soulevés par le Ministère public. Me Julien APLOGAN a estimé que certains procès-verbaux versés au dossier porteraient « des stigmates de la falsification ». Une accusation grave qui traduit les contestations de la défense sur la fiabilité de certaines pièces du dossier. Dans la même dynamique, Me TOKPADJA a soutenu que certains éléments évoqués par le parquet n’auraient pas fait l’objet de débats contradictoires au cours de la procédure. « Je crois que tout le Bénin attend de ce procès. Faisons un bon travail », a déclaré l’avocat, appelant les acteurs judiciaires à une démarche rigoureuse pour préserver la crédibilité de la justice. La défense s’est particulièrement intéressée aux affirmations relatives à la découverte de la ceinture de Dangnivo chez Codjo Cossi Alofa ainsi qu’à la présence présumée du corps de la victime dans le lit de ce dernier. Pour Me TOKPADJA, ces éléments nécessitent des preuves précises. « Y a-t-il un procès-verbal qui dit que DANGNIVO était dans le lit d’Alofa ? Nous ne l’avons pas », a-t-il déclaré, estimant que la défense ne pouvait plaider efficacement sans disposer de l’ensemble des pièces sur lesquelles le ministère public fonde ses conclusions.
Après plusieurs échanges, l’audience a repris dans l’après-midi avec la poursuite des observations des parties. Me Olga ANASSIDÉ a continué à exprimer ses interrogations sur la gestion de certaines pièces du dossier. « Qui manipule ces documents qui nous ont été communiqués par les autorités judiciaires ? », a-t-elle demandé, évoquant l’hypothèse d’une « main invisible » qui chercherait, selon elle, à brouiller les pistes. À 16h35, les débats ont repris avec une étape importante : la communication des procès-verbaux par le ministère public aux différents conseils. Les avocats Me Olga ANASSIDÉ, Me Julien APLOGAN, Me TOKPADJA et Me Théodore ZINFLOU ont successivement pris connaissance des documents, signé les décharges et récupéré les copies des pièces. Cette transmission intervient après les demandes formulées par la défense, qui souhaitait notamment obtenir les documents relatifs aux éléments cités par le parquet dans ses réquisitions.
À l’issue de cette journée d’audience marquée par des débats nourris et des contestations techniques autour des pièces du dossier, le président du tribunal a décidé du renvoi de l’affaire au mercredi 22 juillet 2026. Cette prochaine audience sera consacrée à la poursuite des observations des parties, aux plaidoiries ainsi qu’aux éventuelles répliques.
Dans cette affaire qui demeure l’un des dossiers judiciaires les plus suivis au Bénin, les prochaines étapes du procès sont particulièrement attendues, alors que les différentes parties continuent de défendre leurs positions sur les faits, les preuves et l’interprétation des éléments du dossier.
Grant-Aniel BOLARIAN