Organisée par l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB), cette journée a mis en lumière les interactions entre intelligence artificielle, ingénierie urbaine, cybersécurité et innovation technologique. Dès les premières heures de la matinée, un atelier pratique a retenu l’attention des participants autour du thème : « Utilisation du BIM (Building Information Modeling) et des SIG pour la planification urbaine durable ». Animée par un panel d’experts, cette session a réuni notamment le Docteur Victor Kouassi ANANOUH, Directeur Général de la Construction et de l’Habitat, le Docteur Abdou Rahmane AMBARKA, Directeur des Systèmes d’Information de l’Agence pour le développement de Sèmè City, ainsi que Monsieur Alain Sourou KIKI, Directeur Général de l’Institut Géographique National (IGN). Sous la modération des Docteurs Carlos AGOSSOU et Kamal ASSOUMA, les échanges ont mis en évidence la complémentarité entre les Systèmes d’Information Géographique (SIG) et la Modélisation Numérique des Bâtiments (BIM) comme outils stratégiques pour la planification urbaine, la gestion du territoire et la résilience des infrastructures.
Les travaux pratiques, poursuivis dans l’après-midi sous la supervision des Docteurs F. Max SANYA, Carlos AGOSSOU, puis du Professeur Eugène EZIN, ont permis aux participants de manipuler des outils opérationnels destinés à la conception de villes intelligentes adaptées aux défis climatiques et démographiques. En parallèle des ateliers techniques, la conférence a accueilli plusieurs communications scientifiques de haut niveau, illustrant la vitalité de la recherche en Afrique de l’Ouest. Parmi les contributions majeures, Amos AKOGHE (Carnegie Mellon University Africa) a présenté une infrastructure d’émulation légère dédiée à la modélisation comportementale des cybermenaces basée sur le framework MITRE ATT&CK.
Dans le domaine de la Santé Numérique, Gedeon NITIEMA (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) a exposé une étude comparative entre CNN séquentiel et ResNet50 pour la détection automatisée des tumeurs cérébrales sur images IRM. Sur le volet des télécommunications, Dourahamane Idé BARKIRÉ (ESMT de Dakar) a proposé une analyse approfondie de la gestion du spectre et des défis de la pénurie des fréquences en Afrique de l’Ouest, dans la perspective des réseaux 5G-Advanced et 6G. Les travaux de Fèmi José DJAMBOUTOU (Université d’Abomey-Calavi) ont mis en évidence les applications de l’intelligence artificielle dans la détection de la fraude bancaire, tandis que Boris Sourou Zannou (Marnou Higher Institute of Technology) a présenté un algorithme de reconstruction polynomiale appliqué à la biométrie sans contact. Enfin, Zacharia Damoue et Moustapha Der (ESMT de Dakar) ont respectivement exposé une architecture hybride CNN-TCN pour la prédiction de charge des réseaux FTTH et un système de surveillance d’examens en ligne basé sur le Federated Learning, garantissant la protection des données personnelles.
La journée s’est achevée par une session de synthèse et une cérémonie de clôture présidée par l’Académicien Antoine VIANOU. Celui-ci a salué la qualité scientifique des travaux présentés et la pertinence des solutions proposées face aux défis contemporains. Dans son intervention, il a souligné que les innovations présentées témoignent de la capacité du continent africain à produire des solutions technologiques adaptées à ses propres réalités, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’urbanisme et de la transformation numérique.
En refermant ses travaux, la CITA 2026 confirme son positionnement comme un cadre stratégique de réflexion et d’innovation, reliant la recherche académique aux besoins concrets des États et des territoires. La conférence laisse ainsi entrevoir des perspectives prometteuses pour l’intégration des technologies avancées dans les politiques publiques de développement en Afrique de l’Ouest.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU