SPORT ET MENSTRUATIONS Douleurs, crampes, fatigue : quand les règles perturbent entraînements et compétitions

SPORT ET MENSTRUATIONS

Douleurs, crampes, fatigue : quand les règles perturbent entraînements et compétitions

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Pour les sportives, les menstruations ne s’arrêtent pas aux portes des stades et des salles de compétition. Douleurs abdominales, crampes, sensation de lourdeur ou fatigue peuvent parfois perturber les entraînements et affecter les performances. Face à cette réalité, chacune développe ses propres stratégies pour continuer à pratiquer son activité, tandis que certains encadreurs adaptent les charges de travail.

Les menstruations sont vécues différemment d’une femme à une autre. Chez certaines, elles s’accompagnent de douleurs importantes dès les jours précédant leur apparition. Chez d’autres, elles passent presque inaperçues. Dans le milieu sportif, ces différences individuelles se ressentent également. Handballeuse professionnelle à l’ASPAC HBC de Cotonou, Milca KINNOU témoigne de ces difficultés. « Les périodes menstruelles sont souvent un peu délicates pour certaines athlètes. Il y en a qui, une semaine avant les règles, ressentent déjà des malaises et des douleurs au bas-ventre ou une sensation de gonflement de la poitrine. Chacune de nous vit ses menstruations à sa manière », explique-t-elle. À ces symptômes peuvent s’ajouter une sensation de lourdeur et une diminution de la capacité à supporter l’effort. « Parfois, on se sent beaucoup plus lourde que d’habitude. Ces douleurs peuvent être telles qu’on est obligée de demander une permission de deux ou trois jours afin de mieux gérer les premiers jours des menstruations », poursuit la handballeuse. Mais cette possibilité de repos n’est pas toujours envisageable. Lorsqu’une rencontre importante se profile, certaines joueuses préfèrent rester aux côtés de leurs coéquipières malgré les douleurs. Milca KINNOU rapporte que certaines peuvent alors avoir recours à des antalgiques pour pouvoir disputer la rencontre, avec parfois un inconfort persistant après le match.

 

La capacité à maintenir le même niveau de performance pendant les menstruations dépend largement de l’état physique de chaque athlète. Pour Milca KINNOU, les douleurs peuvent directement limiter les capacités sur le terrain. « Quand on a des crampes au bas-ventre ou que l’abdomen tire, il est difficile de donner le meilleur de soi-même. Ce n’est pas évident », reconnaît-elle. Dans les situations les plus difficiles, certaines joueuses réduisent leur implication ou renoncent temporairement à entrer sur le terrain. « Parfois, on est obligé de rester sur le banc et de laisser une coéquipière en meilleure forme entrer sur le terrain pour contribuer à la victoire de l’équipe », témoigne-t-elle.

 

Un constat également relevé dans d’autres disciplines. Cornie CAKPO, volleyeuse à Atomique VBC de Bohicon, décrit notamment les difficultés qu’elle peut rencontrer au début de son cycle. « Le premier jour de mes règles, je n’arrive pas forcément à bien jouer. Il peut m’arriver d’avoir mal au ventre. Ce qui affecte mes performances », confie-t-elle. À l’inverse, toutes les sportives ne ressentent pas suffisamment de symptômes pour interrompre leur activité. KPOVIHOUEDE Sébastienne, footballeuse à Tambou FC, assure qu’elle continue normalement à participer aux entraînements et aux matchs pendant ses menstruations. « Naturellement, lorsqu’on est en période de menstruation, on se rend aux entraînements. Cela dépend des personnes. Certaines ont des maux de ventre et demandent une permission », explique-t-elle.

 

La prise en compte de cette réalité ne relève pas uniquement des athlètes. Dans certaines équipes, les encadreurs disent adapter les séances lorsque l’état physique d’une joueuse ne lui permet pas de supporter la même intensité que ses coéquipières. Hermann ATINMAKAN, entraîneur d’Atomique VBC de Bohicon, explique que son équipe prend en compte la situation des joueuses concernées. « Nous organisons des séances adaptées pour les joueuses qui sont en période menstruelle », indique-t-il. Pour le technicien, l’objectif est de tenir compte de l’état de santé de chaque athlète plutôt que d’imposer systématiquement la même charge de travail à toutes. « Lorsqu’une jeune fille est en période de menstruation, nous ajustons l’entraînement à son état de santé car on ne peut pas lui imposer la même charge de travail que lorsqu’elle est en pleine forme », souligne-t-il. L’encadrement ne se limite toutefois pas à la modulation des exercices. Selon Hermann ATINMAKAN, les joueuses mettent également en place leurs propres moyens pour éviter les situations inconfortables pendant les séances ou les compétitions.

 

La gestion de l’hygiène menstruelle constitue ainsi une préoccupation supplémentaire pour les athlètes. Océane ALIGBONON, volleyeuse à Atomique VBC, décrit les précautions qu’elle prend lorsqu’elle doit disputer un match pendant ses règles. « Lorsque je dois jouer pendant mes menstruations, je mets une serviette hygiénique, puis plusieurs slips, un collant, avant d’enfiler mon maillot », explique-t-elle. Certaines de ses coéquipières prévoient également des serviettes hygiéniques et des sous-vêtements de rechange afin de pouvoir faire face à d’éventuelles fuites pendant les rencontres. Une fois le match terminé, elles privilégient généralement le retour rapide à domicile pour se laver, se changer et récupérer.

 

Ces témoignages montrent que les menstruations peuvent constituer une contrainte supplémentaire dans la pratique sportive, sans pour autant empêcher les femmes de s’entraîner ou de participer aux compétitions. Entre adaptation des charges, précautions d’hygiène, repos ponctuel et gestion individuelle des douleurs, les sportives cherchent ainsi à composer avec une réalité physiologique qui peut, selon les personnes et les moments du cycle, peser sur leur quotidien sportif.

 

Cadnel ADEBAYO

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Brice HAL

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