À Porto-Novo, la circulation sur les grandes artères suscite des inquiétudes en matière de sécurité routière. Si les travaux de construction, de réhabilitation et d’asphaltage ont amélioré les conditions de déplacement dans plusieurs quartiers, la fluidité offerte par ces infrastructures peut aussi favoriser des comportements à risque lorsque les conducteurs ne respectent pas les règles de circulation.
Les excès de vitesse figurent parmi les préoccupations soulevées par les usagers. Des motocyclistes et des automobilistes sont régulièrement accusés de circuler à des allures dangereuses, sans toujours tenir compte de la présence des piétons, des intersections ou des autres véhicules. Ces comportements exposent les usagers à des accidents dont les conséquences peuvent être graves. La situation relance le débat sur les moyens de contraindre les conducteurs à réduire leur vitesse dans les zones urbaines sensibles. Parmi les solutions évoquées figure l’installation de ralentisseurs adaptés, notamment aux abords des établissements scolaires et sur les tronçons particulièrement fréquentés.
Des ralentisseurs qui n’ont pas résisté à l’usure
La question n’est pas nouvelle dans la capitale. Des ralentisseurs avaient été aménagés sur certains axes afin de limiter la vitesse des véhicules. Mais plusieurs de ces dispositifs se sont rapidement détériorés, perdant une partie de leur efficacité avant d’être retirés. Le tronçon longeant le CEG Koutongbé et conduisant vers Djègan-Daho, est notamment cité parmi les endroits où des ralentisseurs ont été enlevés.
Leur disparition laisse, selon le constat rapporté par des observateurs locaux, davantage de liberté aux conducteurs qui ne modèrent pas leur allure. La dégradation de ces ouvrages soulève également la question de leur qualité et de leur durabilité. En avril 2026, le quotidien "L’Emblème du Jour" avait déjà signalé des détériorations affectant des ralentisseurs sur plusieurs axes de Porto-Novo, notamment aux abords du CEG Koutongbé et sur le boulevard reliant Gbodjè à l’ancien Ciné Iré Akari. Ces défaillances peuvent compromettre la fonction de sécurité de ces aménagements et exposer les usagers à des risques supplémentaires.
La vitesse, un facteur de risque majeur
Au-delà de l’état des infrastructures, le comportement des conducteurs demeure un enjeu central. Le non-respect des limitations de vitesse, le franchissement des feux tricolores et l’inattention contribuent aux dangers observés sur les routes urbaines. Dans une publication du 25 septembre 2026, la Direction Générale de la Police Républicaine a rappelé l’importance du respect des feux de signalisation dans les grandes villes du Bénin, dont Porto-Novo. Elle a notamment insisté sur l’obligation d’observer l’arrêt au feu rouge, quel que soit le type d’usager. Les aménagements routiers ne peuvent donc produire pleinement leurs effets que s’ils s’accompagnent d’un comportement responsable des usagers et d’une signalisation fonctionnelle. La présence de ralentisseurs ne dispense pas les conducteurs de respecter les limitations de vitesse, pas plus que l’existence de feux tricolores ne garantit la sécurité lorsque les prescriptions ne sont pas observées.
Des aménagements durables pour sécuriser les voies urbaines
Face à ces préoccupations, l’installation ou la réhabilitation de ralentisseurs sur les axes jugés dangereux est présentée comme une piste de prévention. L’enjeu consiste toutefois à concevoir des ouvrages adaptés, visibles, conformes aux exigences techniques et suffisamment résistants pour supporter les contraintes de circulation et les intempéries. Une intervention durable suppose également l’entretien régulier des dispositifs existants, la remise en état des équipements défectueux et l’évaluation des besoins de sécurisation sur les différents tronçons de la ville. La responsabilité incombe aussi aux conducteurs, appelés à adapter leur vitesse à l’environnement urbain et à respecter le Code de la route. Les contrôles et les actions de sensibilisation restent nécessaires pour limiter les comportements dangereux.
À Porto-Novo, la modernisation des infrastructures routières pose ainsi une exigence supplémentaire : faire en sorte que l’amélioration du réseau ne se traduise pas par une augmentation des risques pour les piétons, les motocyclistes et les automobilistes. La sécurisation des voies passe autant par la qualité des aménagements que par le respect des règles de circulation.
Grant-Aniel BOLARIAN