En effet, la nature s’est montrée implacable. Depuis plusieurs jours, les vagues de pluies diluviennes qui se succèdent sans répit dans le département de l’Atacora bousculent le quotidien des populations et mettent à rude épreuve les infrastructures locales. Partout, le constat est amer : routes impraticables, maisons affaissées et, surtout, des récoltes compromises qui font planer la menace de lendemains incertains pour les exploitants agricoles. Dans la cité des Nanto, l’impact des intempéries se lit d’abord sur les visages des conducteurs de taxi-moto et des usagers de la route. Les axes névralgiques de la ville, à l’image du tronçon Perma-Kouaterna, affichent un niveau de dégradation avancé. La force des eaux pluviales a creusé des ravines, transformant la circulation en un parcours du combattant. Au-delà de la voirie urbaine, les quartiers périphériques retiennent leur souffle. Les eaux de ruissellement ont envahi des concessions, fragilisant des habitations précaires et contraignant de nombreuses familles à guetter, impuissantes, la moindre éclaircie.
C’est sans doute dans la commune de Toucountouna que la situation revêt un caractère particulièrement critique. Le débordement des eaux a provoqué la submersion du pont de Tampatou, coupant des pans entiers de circulation et rendant le franchissement extrêmement périlleux. Le drame est également économique. Des champs d’igname, source majeure de subsistance et de revenus pour la région, ont été entièrement dévastés, tandis que de vastes cultures de maïs se trouvent littéralement sous les eaux. Face à la montée rapide des eaux, plusieurs familles riveraines ont dû abandonner leurs demeures pour se mettre à l’abri. En première ligne, l’exécutif municipal n’est pas resté inactif. La Maire de Toucountouna, Patricia PONNA SAÏ, s’est rendue sur le terrain à la tête d’une équipe d'évaluation. Une descente musclée pour constater les dégâts, réconforter les sinistrés et coordonner les premières mesures d’urgence, alors que les populations des zones basses demeurent les plus vulnérables face à la furie des éléments.
La situation n’est guère plus reluisante à Boukoumbé. Les écoulements torrentiels ont rudement malmené les ouvrages de franchissement, fragilisant des ponts et des pistes rurales. Cet état de fait paralyse l’accès à plusieurs villages, compromettant le transport des produits agricoles vers les marchés locaux. Une véritable épine dans le pied des producteurs qui voient leurs circuits d’écoulement brutalement interrompus au pire moment de l’année. Face à cette crise climatique locale, les autorités multiplient les appels à la prudence, exhortant les habitants à observer la plus grande vigilance et à éviter les zones à haut risque. Mais au-delà des consignes de sécurité, la gravité des dommages soulignés par les élus locaux met en lumière la nécessité d'un soutien accru.
Les populations sinistrées, qui mesurent déjà l'ampleur des pertes sur leurs récoltes et leurs biens, appellent de tous leurs vœux une intervention de l'État central. L’objectif : apporter un soulagement rapide aux communautés touchées et engager des travaux de réhabilitation pour parer au plus pressé avant que de nouvelles averses ne viennent aggraver un bilan déjà lourd.
Ibourahim Abdou GIBRIL