Dans plusieurs États de la sous-région, les intempéries ont occasionné des pertes en vies humaines, des déplacements de populations, la destruction d'habitations, de cultures et d'infrastructures, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité des centres urbains face aux effets croissants des changements climatiques. Au Bénin, si les pluies abondantes enregistrées ces dernières semaines suscitent également des inquiétudes, les aménagements réalisés dans le cadre du Programme d'assainissement pluvial de Cotonou contribuent à améliorer l'évacuation des eaux de ruissellement et à réduire les risques d'inondation dans plusieurs quartiers de la capitale économique. Les réseaux de drainage, les bassins de rétention, les caniveaux et les autres ouvrages hydrauliques réalisés dans le cadre de ce programme jouent progressivement leur rôle en facilitant l'écoulement des eaux pluviales et en limitant les stagnations qui affectaient régulièrement les populations lors des saisons pluvieuses. Sans occulter les défis qui subsistent dans certains secteurs encore exposés aux inondations, ces investissements apparaissent aujourd'hui comme un important levier de renforcement de la résilience urbaine. Ils témoignent également de l'importance d'une planification durable des infrastructures face aux conséquences de plus en plus marquées des dérèglements climatiques. Les spécialistes rappellent néanmoins que les infrastructures, à elles seules, ne suffisent pas. Leur efficacité dépend également de leur entretien régulier, du respect des règles d'urbanisme, de la préservation des ouvrages de drainage ainsi que de l'adoption de comportements citoyens, notamment en matière de gestion des déchets solides qui obstruent fréquemment les canalisations.
En conclusion, l'expérience de Cotonou met en évidence l'importance des investissements dans les infrastructures de prévention et d'adaptation. Elle rappelle également que la lutte contre les inondations demeure un défi permanent nécessitant une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, des collectivités locales et des populations afin de construire des villes plus résilientes face aux changements climatiques.
Jean DOSSOU