Écroué à la prison civile d'Akpro-Missérété depuis le 19 juin 1998, Donouvossi Olivier purgeait une peine de 2 400 mois d'emprisonnement ferme. En l'absence de cette mesure de clémence, sa libération n'aurait théoriquement dû intervenir que le 19 juin 2198. Au moment de bénéficier de la grâce présidentielle, il totalisait déjà 337 mois de détention, soit un peu plus de 28 années passées derrière les barreaux. Son cas illustre la portée exceptionnelle de la mesure décidée par le Chef de l'État à l'occasion de la fête nationale. Au total, 369 détenus issus de différentes juridictions du pays ont bénéficié de cette grâce présidentielle, qui réduit ou met fin au reliquat de leur peine privative de liberté sans effacer les condamnations prononcées à leur encontre. Les bénéficiaires demeurent ainsi tenus d'exécuter les autres obligations mises à leur charge par les décisions de justice, notamment le paiement des amendes, le remboursement des sommes dues et l'indemnisation des victimes, le cas échéant.
À travers cette mesure de clémence, l'État offre à plusieurs condamnés une nouvelle perspective de réinsertion, tout en maintenant les effets civils et financiers des décisions judiciaires rendues à leur encontre.
Jean DOSSOU