Selon les données issues de ces comptes, le total du bilan s’élève à 40 595 milliards FCFA contre 32 713 milliards FCFA un an plus tôt, soit une progression de 24 %. Cette évolution traduit un renforcement global des actifs de la banque centrale dans un environnement international toujours instable. Cette dynamique est principalement portée par l’augmentation des avoirs extérieurs. Les réserves en or progressent de 44 % pour atteindre 3 640 milliards FCFA, tandis que les avoirs en monnaies étrangères enregistrent une hausse spectaculaire de 91 %, pour s’établir à 16 352 milliards FCFA. Les avoirs auprès du Fonds monétaire international (FMI) connaissent également une progression de 15 %, à 2 802 milliards FCFA, confirmant le renforcement des marges de sécurité extérieure.
Dans le même temps, les créances sur les Trésors nationaux reculent de 24 %, pour se situer à 2 687 milliards FCFA, traduisant une baisse de l’exposition de l’institution aux financements des États membres. L’activité monétaire demeure, quant à elle, soutenue. La circulation fiduciaire progresse de 20 % pour atteindre 16 469 milliards FCFA, tandis que les dépôts enregistrent une hausse de 49 %, à 9 817 milliards FCFA. Ces évolutions reflètent une intensification des flux monétaires et une confiance maintenue dans la monnaie commune de la zone UEMOA. Les flux de trésorerie issus des activités d’exploitation connaissent une forte expansion, passant de 3 163 milliards FCFA en 2024 à 10 932 milliards FCFA en 2025.
Cependant, cette croissance du bilan ne se traduit pas par une amélioration du résultat net. Le produit net bancaire recule de 9 % pour s’établir à 812,7 milliards FCFA. Cette baisse est principalement imputable aux opérations de change, où les charges augmentent plus rapidement que les produits, générant un résultat net de change négatif de 30 milliards FCFA, contre un gain de 62,4 milliards FCFA un an plus tôt. Au final, le résultat net ressort à 587,9 milliards FCFA, en diminution de 14 % par rapport à l’exercice précédent, malgré une progression de 3 % du résultat net d’intérêts. En dépit de ce repli du bénéfice, la structure financière de la BCEAO demeure solide. Les capitaux propres progressent de 27 % pour atteindre 6 316 milliards FCFA, soutenus notamment par des gains latents de réévaluation des réserves en or, estimés à 1 108 milliards FCFA, en hausse de 58 %. Audités par le Cabinet DELOITTE Côte d’Ivoire, ces états financiers ont été jugés réguliers et sincères. Ils offrent, selon le rapport daté du 25 février 2026, une image fidèle de la situation financière de l’institution. Globalement, ces résultats confirment une BCEAO renforcée sur le plan patrimonial, mais toujours exposée aux fluctuations des marchés internationaux, en particulier ceux des changes, dans un contexte économique mondial incertain.
Léonel EBO