La coopération entre le Bénin et la BID franchit une nouvelle étape. Les deux parties ont formalisé leurs engagements à l’issue d’une rencontre bilatérale entre le président du Groupe de la BID, Dr Muhammad Al Jasser, et Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette. Les accords portent sur deux projets visant à améliorer la connectivité routière, d’une part, et à renforcer la productivité agricole et la sécurité alimentaire, d’autre part.
Plus de 201 milliards FCFA pour moderniser l’axe Godomey–Ouidah–Hillacondji
Le premier accord concerne le projet d’extension et de modernisation de la route Godomey–Ouidah–Hillacondji, dont le coût global est estimé à 576,06 millions d’euros. La contribution de la BID s’élève à 306,89 millions d’euros, soit environ 201,3 milliards de FCFA. Ce financement représente un peu plus de la moitié du coût total annoncé pour cette infrastructure. Le projet vise à améliorer la sécurité et l’efficacité de la circulation, à réduire les temps de parcours et les coûts de transport, ainsi qu’à renforcer la connectivité régionale et les échanges commerciaux. L’axe concerné constitue un maillon du corridor Abidjan–Lagos, un itinéraire stratégique pour les déplacements et le transport de marchandises en Afrique de l’Ouest. La modernisation de cette route présente ainsi des enjeux qui dépassent les déplacements intérieurs. Une amélioration des conditions de circulation pourrait faciliter les échanges entre les pays desservis par le corridor et contribuer à fluidifier le transport des personnes et des marchandises. La concrétisation de ces objectifs dépendra toutefois de la réalisation effective des aménagements prévus.
Près de 12,6 milliards FCFA pour l’agriculture durable
Le second accord porte sur le projet d’intensification durable des systèmes agricoles à base de légumineuses, consacré à la fertilité des sols, à la résilience agricole et à la sécurité alimentaire. Pour un coût total de 20,70 millions d’euros, la BID apporte un financement de 19,17 millions d’euros, soit environ 12,6 milliards de FCFA. Le programme entend promouvoir des pratiques agricoles durables reposant sur les légumineuses, améliorer la fertilité des sols et renforcer la capacité des systèmes de production à faire face aux effets du changement climatique. Il doit intervenir dans cinq pôles de développement, avec l’ambition de contribuer à la sécurité alimentaire et à une agriculture plus résiliente. Ce financement concerne un enjeu majeur pour les producteurs : maintenir la productivité des terres tout en améliorant la capacité des exploitations à faire face aux contraintes climatiques. Le recours à des systèmes agricoles intégrant les légumineuses s’inscrit dans cette recherche de pratiques susceptibles de soutenir la fertilité des sols et la durabilité de la production.
Deux secteurs prioritaires pour le développement économique
À travers ces deux accords, le partenariat entre le Bénin et la BID couvre à la fois les infrastructures de transport et le développement agricole. Le premier projet vise à renforcer la circulation et les échanges sur un axe routier d’importance régionale, tandis que le second cible la durabilité des systèmes de production et la sécurité alimentaire. Les deux financements totalisent 326,06 millions d’euros, soit environ 213,9 milliards de FCFA. Ils s’inscrivent dans la volonté affichée par la BID de poursuivre sa coopération avec le Bénin et de soutenir des investissements susceptibles de produire des effets concrets pour les populations.
La signature des accords constitue une étape dans la mobilisation des ressources nécessaires à ces projets. Leur impact dépendra désormais de la mise en œuvre des activités prévues, de l’avancement des travaux routiers et de l’exécution du programme agricole dans les cinq pôles de développement concernés.
Jean DOSSOU