MARCHÉ MODERNE DE OUANDO:  ANaGeM et Commerçantes de friperie à couteaux tirés sur des questions de places

MARCHÉ MODERNE DE OUANDO:

ANaGeM et Commerçantes de friperie à couteaux tirés sur des questions de places

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(Larmes aux yeux, les dames dénoncent l'injustice et appellent le Président WADAGNI au secours) (Des étals scellés, les dessous d'un conflit qui secoue le plus grand marché de Porto-Novo) Le climat est particulièrement tendu au marché moderne de Ouando, à Porto-Novo. Depuis plusieurs jours, les commerçantes spécialisées dans la vente de friperie dénoncent une décision de l'Agence Nationale de Gestion des Marchés (ANaGeM) les contraignant à quitter leurs emplacements actuels au rez-de-chaussée pour rejoindre un niveau supérieur du marché. Face à leur refus, plusieurs étals ont été scellés, plongeant les activités dans une impasse et alimentant une vive polémique

.Au-delà d'un simple changement d'emplacement, cette crise révèle des divergences profondes entre les impératifs de gestion d'un marché moderne et les réalités sociales et économiques des commerçants. Selon les représentantes des marchandes de friperie, leur installation dans le bâtiment D2 ne relève ni d'une occupation anarchique ni d'un privilège. Elles affirment avoir suivi l'ensemble du processus engagé lors de la reconstruction du marché. Après avoir quitté leurs anciens sites pendant les travaux, elles disent avoir été officiellement recensées, affectées puis installées aux emplacements qui leur avaient été attribués. « Nos noms figuraient sur les listes officielles et nos numéros d'emplacement étaient affichés. Nous avons démoli nos anciennes installations pour nous installer ici en toute confiance », explique la Porte-parole des commerçantes rencontrée sur place. Pour ces vendeuses, la décision de les déplacer intervient alors qu'elles avaient déjà investi leurs nouveaux espaces. Elles estiment qu'elle remet en cause une affectation initialement validée par les autorités gestionnaires. Autre motif de contestation : l'accessibilité. Plusieurs commerçantes affirment être âgées ou souffrir de problèmes de santé qui rendent difficile l'utilisation quotidienne des escaliers avec des ballots de vêtements parfois très lourds. Elles soutiennent également que la friperie constitue un important pôle d'attraction commerciale dont la présence au rez-de-chaussée favorise la fréquentation générale du marché. « Nous demandons simplement à rester à la place qui nous avait été attribuée », plaident-elles, tout en lançant un appel au président de la République, Romuald WADAGNI, afin qu'une solution soit trouvée.

 

Du côté de l'administration du marché, le discours est tout autre. Un des Responsables du marché assure que le déplacement des commerçantes s'inscrit dans une vaste opération de réorganisation destinée à respecter la sectorisation du marché moderne. Selon lui, les vendeuses de friperie avaient été provisoirement installées au rez-de-chaussée faute de places disponibles lors de l'ouverture du marché. Cette solution transitoire devait être révisée une fois les différents mouvements d'occupation stabilisés. Il explique que la Direction Générale de l'ANaGeM, à l'issue d'une visite d'inspection, a ordonné le transfert de la friperie vers l'étage afin de libérer les espaces du rez-de-chaussée au profit des produits nécessitant un accès plus direct, notamment les denrées périssables et certains commerçants dont les déclarations initiales avaient conduit à des erreurs de répartition. Toujours selon lui, cette orientation répond aux principes d'organisation appliqués dans plusieurs marchés modernes du pays où les activités sont regroupées par secteurs afin d'améliorer la circulation des clients et l'efficacité commerciale. La Direction affirme par ailleurs avoir identifié des solutions logistiques, notamment l'utilisation des monte-charges du marché pour faciliter le transport quotidien des marchandises. Le responsable reconnaît que la mise en œuvre de cette réorganisation a été accélérée après des instructions fermes de la Direction Générale de l'ANaGeM. Il affirme que plusieurs délais avaient été accordés aux commerçantes afin qu'elles rejoignent leurs nouveaux emplacements, mais que ces dernières auraient refusé d'obtempérer malgré les échanges engagés. Face à cette situation, l'administration a finalement procédé au scellement de plusieurs étals afin de faire respecter la décision.

Cependant, le cœur du différend repose aujourd'hui sur une question essentielle. Les commerçantes considèrent que leur affectation au rez-de-chaussée constituait une décision définitive dont elles ne comprennent pas la remise en cause plusieurs semaines après leur installation. L'administration, de son côté, soutient qu'il ne s'agissait que d'une occupation provisoire appelée à évoluer au fur et à mesure de la réorganisation générale du marché. Cette divergence nourrit aujourd'hui une crise qui dépasse le simple changement d'emplacement pour toucher à la confiance entre les usagers et le gestionnaire du marché.

Si l'ANaGeM maintient sa volonté d'appliquer la sectorisation prévue, les commerçantes réclament une révision de la décision en mettant en avant les difficultés physiques de nombreuses vendeuses, les risques de baisse de clientèle ainsi que les investissements déjà consentis. À ce stade, aucun compromis officiel n'a encore été annoncé. Le dialogue entre les deux parties apparaît plus que jamais indispensable afin d'éviter que ce conflit ne continue de perturber les activités économiques du marché de Ouando, principal centre commercial de Porto-Novo.

Tchékpémi Jacques AHOUANSOU

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Brice HAL

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